PERSONNE

PERSONNE
Devant la page
écrit l'étrange personne
vivant à Lisbonne
et dont le nom portugais Pessoa
signifie (ça ne s'invente pas)
Personne
.
J'écris ceci cent ans après
au dos d'une toile blanche
où j'ai tracé un dessin
à la va vite
On peut y voir une personne
ou deux
fantômes de papier
sans voix
qui nous permettent
de danser une gigue
d'obscures clartés

TU REPARS DE ZÉRO

TU REPARS DE ZÉRO

Tu repars de zéro

Tu ne fais que passer

Pinceau traçant ses caractères

énigmatiques

Tu peins le passage

En te souvenant

de tes Encres Vives

Tu lèves l’ancre

d’un trait de plume

Tu lis Mi Fu :

C’est le va et vient du souffle

qui fait que le trait

est gros ici

et maigre là

Tu inventes le terme

Hypnographies

qui rejoint ton nuage de mots

et merveilles :

Le temps d’un haïku

Les mots neigent sur la page

Et sous les pavés

JJ Dorio plage de Fos sur Mer photo Francis Saint-Jean

dessin de couverture Claude Brugeilles

dessin de couverture Claude Brugeilles

hypnographie unique à chaque exemplaire JJ Dorio

hypnographie JJ Dorio

dessin de couverture Claude Brugeilles

hypnographie couverture unique pour chaque exemplaire JJ Dorio

dessin André Falsen

dessin de couverture Guy Toubon

COMMANDE

Jean Jacques Dorio

Domaine du Grand Pin

9 rue de la Bergeronnette

13500 Martigues

chaque exemplaire pour un billet de 10 euros ttc

Tout doit disparaître

(il reste pour chaque exemplaire 5 recueils de 16 pages publiés par Encres Vives

avec des couvertures exceptionnelles œuvres de Claude Brugeilles, Guy Toubon,

hypnographies de JJ Dorio, graphisme d’André Falsen)

dessin Guy Toubon

LA SAINTE VICTOIRE (la vraie)

La Sainte Victoire
Pas le tableau
La vraie !
Enfin la vraie?
Façon de parler

Elle est là
à 25 kilomètres
à vol d’oiseau
animal bossu
au repos

Celui qui écrit
est face à elle
de l’autre côté
de l’étang de Berre

Il observe « la Sainte »
depuis une heure
et tout à l’heure
un petit nuage
est venu s’accrocher
à son flanc sud

Sur l’étang secoué par le mistral
il y a des goélands qui flottent

Voilà le tableau
la suite au prochain numéro

Martigues devant l’étang de Berre

la Sainte Victoire au lointain

sous une structure de Bernar Venet

7/09/2019

EST-CE QUE ÇA SE LIT ?

EST-CE QUE ÇA SE LIT ?

Si ça se lit au lit c’est l’appel de Maïakovski : Lili aime-moi !

Si ça se lit chez Montaigne c’est toujours à l’Essai

Si ça se lit sans rire c’est un Shakespeare raté

Si ça se lit perché c’est le baron d’Italo Calvino qui se demande per ché

Si ça se lit dans Tristes Tropiques c’est par un peau rouge qui n’a jamais appris à marcher en file indienne

Si ça se lit Zazie n’oubliez pas de descendre dans le métro à la station Queneau

Si ça se lit Momo tu as le choix entre Artaud et le môme de La vie devant soi

Et si ça ne se lit pas ne pas quitter l’affaire et nager jusqu’à la page

MUSIQUES SUR L’ARC DE L’ESPACE-TEMPS

MUSIQUES SUR L’ARC DE L’ESPACE-TEMPS

en vers décasyllabes qui rebiquent





À certains moments, longs ou brefs, répétés ou isolés, tous les poètes qui le sont vraiment entendent l’autre voix. Elle est étrangère et c’est la leur, elle est à tous et à personne.

Octavio Paz





Les promesses de l’aube : le soleil

est un ballon l’ancre est une ficelle

venue d’un trait de plume.  Ma sœur femme

 100 têtes* s’entête et fait les yeux ronds

aux lettres qui sont le sel de nos vies

Œil attrayant œil arresté** Mon œil

s’oublie et s’enroule autour de la barque

du pêcheur d’étoiles À la croisée

des voies à six voix et viole de gambe.

La mer, l’aile falquée d’une mouette,

les traits de Braque et du pauvre Ni

Colas sautant du toit-terrasse d’Antibes.

D’oc et d’ocres, de violet et de noir,

les notes s’égrènent et s’engrainent, l’espace                

accordé au désir d’éternité.

Là-bas l’improbable et l’insaisissable.

Blablablabla, petit carré de terre

où l’on sème ses graphes et ses griffes.

Une aile un rire une passerelle

dans l’arche où chaque voix tresse une corde

nouvelle à son arc. Collages, ramages,

En marge : Où est l’oiseau ? Où est la

femme ? Où est la main des roselières ?

Et le cri de l’oiseau-lyre : Plus loin

Toujours plus loin ! Sous le buvard des cendres –

douleurs, souffrances, noirceurs -, il y a

le miel du poème. Chant général :

mientras la oscura tierra gira

con vivos y muertos. *** Et bien d’autres

musiques sur l’arc de l’espace-temps.









*Max Ernst ** Saint Gelais *** Pablo Neruda

« pendant que la terre obscure tourne

avec les vivants et les morts »





Martigues 6 septembre 2013