MAI 68 ce commencement qui n’en finit pas 19/68

MAI 68

19/68

LE TEMPS LE TEMPS C’EST VITE DIT

Le temps je le construis et il me déconstruit Le temps d’une fiction : La disparition 

Le temps le temps c’est vite court : Largo es el arte La vida en cambio corta como un cuchillo Ángel GonzálezC’est long l’art Mais la vie en revanche c’est court (ça coupe) comme un couteau

Le temps dilaté d’Einstein on the beach 

Le temps des hommes inquiets de la mer inquiète

Le temps d’écrire le roman  qui n’apporte pas de réponse Le temps de s’égarer dans une forêt afin d’avoir toujours quelque chose à y trouver Senancour

 Le temps élastique électrique magnétique

Le temps le temps de fabriquer son pastis À la recherche du taon perdu

Le temps du tour du jour en 80 mondes Cortazar  

Le temps de sombrer corps et bien sur les pages de 93 

Le temps de ressusciter sur les murs de Mai 68 :

LA VIE VITE /

SISYPHE !.. /

ICI ON SPONTANE/

ON N’A PAS LE TEMPS

(d’écrire des motions)

(de lire Claudel)

(de s’emmerder) 

les parenthèses indiquent des surcharges

UN MONDE À DÉCOUVRIR courriel 75

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.

JJ Dorio

75

UN PEINTRE ET UN MATHÉMATICIEN

B.à G.

Tout cela je ne cherche pas à l’imiter mais inconsciemment je le transpose et le rétablis dans ce que je fais…J’essaie de recréer un monde à moi, fait de mes souvenirs, de mes émotions, où demeurent l’odeur des forêts qui m’entourent, la couleur du ciel et aussi l’amour que j’ai de tout ce qui vit.

G. à B.

Craindre l’erreur et craindre la vérité sont une seule et même chose. Celui qui craint de se tromper est impuissant à découvrir.

.

B (22 septembre 1886 – 2 décembre 1964) Ce peintre écrivain cocasse et (im)pertinent, non figuratif se refusait obstinément à être « un abstrait ». Il naquit à Villeréal (Lot et Garonne) et vécut de peinture et du bon air Lotois.

G(28 mars 1928-13 novembre 2014) Mathématicien de génie (médaille Fields 1966) il se retira du monde pour finir sa vie ermite mystique à Lasserre en Ariège près de Saint Girons.

DISPARITIONS 94

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Disparition Michel Leiris

93/99

94

Le jour de la disparition de Michel L., le 30 septembre 1990, sur le journal du soir :

UNE VIE, UNE OEUVRE

La tranquille désespérance d’André de Richaud

 » La peur grise et duvetée qui serre le cœur, pareille à un oiseau tremblant et chaud qui s’effraie et dont les pattes rouges se crispent sur votre poitrine. « 

JEAN ROUAUD LE KIOSQUIER SANS CONVOITISES

L’auteur du roman  » les Champs d’honneur  » est marchand de journaux à Paris

ETATS-UNIS MORT DE LARRY-O’BRIEN

 L’ancien directeur des campagnes électorales de John Kennedy, Larry O’Brien, est mort jeudi 27 septembre à New-York à l’âge de soixante-treize ans

LA MORT DE MICHEL LEIRIS

L’écrivain Michel Leiris est mort dimanche 30 septembre dans sa maison de Saint-Hilaire (Essonne) à l’âge de quatre-vingt-neuf ans. 

UN MONTAIGNE SURRÉALISTE

« L’étrange projet de se peindre soi-même » dont parlait Montaigne, Michel Leiris a passé sa vie d’écrivain à le pousser jusqu’à ses conséquences extrêmes, se livrant à l’inquisition de soi-même, se « barattant » jusqu’au vertige. Sans concession, sans tricherie, en traquant tout ce qui, dans le langage et dans l’écriture, peut servir de masque ou d’ornement menteur. 

LA PLUME ÉCRIT

La plume écrit

Sur le papier

En silence

Sur un air

De deux airs

Dans sa tête

.

Elle écrit

Au monde entier

À la marchande

D’allumettes

À Jean Jacques

Citoyen de Genève

.

La plume écrit

Dans la forêt

De ses rêves

Sur le chemin

Des mots perdus

Du p’tit Poucet

Elle écrit un poème

Pour prolonger

Son existence

Pour accompagner

Ses diverses insomnies

De rimes équivoquées

.

La plume écrit

Jusqu’à plus soif

Jusqu’à plus d’encre

Dans l’encrier

Et plus d’idées

Dans l’an crier

POUR MÉMOIRE 26/30

Et pour oublier le temps

26

Je me souviens de mille détails de ma vie c’est pour ça que les écrivant j’essaie de les oublier

27

Je me souviens des roitelets de mon village natal qui ont disparu maintenant de ma haie de lauriers martégale

28

Je me souviens des 3340 lettres écrites par ce cher Stéphane Mallarmé à 550 correspondants : Monsieur Monet, que l’hiver ni/ L’été sa vision ne leurre / Habite, Giverny/ Sis auprès de Vernon, dans l’Eure

29

Je me souviens être monté à l’Empire State Building Poeta en Nueva York de Lorca sous le bras

30

Je ,me souviens de Linda une belle écossaise qui vivait avec mon collègue prof d’anglais lourdais (je ne sais pas si cinquante après elle l’a lourdé)