EN VERS DE MIRLITON

On n’est pas sérieux quand on a quatre fois vingt ans

et que l’on aligne encore comme à l’instant

des vers de mirlitons

Dans son lit entre deux sommes

Sur le rocher inexpugnable de son île anglo-normande

Du haut du cimetière marin surplombant la plage de la Corniche

Au milieu de la forêt obscure d’un gribouilleur

Qui quoi qu’il fasse chaque matin retrouve sa page blanche

LA MALLE AUX COLIFICHETS

La malle aux colifichets

Bibelots abolis par Bouvard et Pécuchet

Le vol en suspens de l’émouchet

La musique de Sidney Bechet

Le coup d’état payé par la C.I.A.

Du sinistre général Pinochet

Paul-Augustin Caron de Beaumarchais

Auteur de La folle journée

Qui inclut Le mariage de Figaro

Figaro-ci Figaro-là

Et cette fantaisie qui d’un dernier coup d’archet

Donne une note finale à cette mélopée

UNE VILLE À QUOI ÇA RIME

Ma ville

Une île

Tranquille

Fragile

En paix

Sans barbares

À la Poutine

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Ma ville

Presqu’île

D’indociles

Herboristes

Observant

Les fleurs

De Bougainville

Les fleurs

De rhétorique

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Une balance

Subtile

Bouquets

Imaginaires

De lys

Et de silences

Où battent

Des cils

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Sur mon île

Où Sybille

Prophétise

Le bonheur

Des Félix

Et les malheurs

d’Achille

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Une escale

Fugace

Aux accents

D’Utopie

Où l’écho

D’une ville

Réinvente

Ses rimes

SOYEZ PAS GNANGNAN

Chante la Plante

Sois pas gnangnan

Chantait Trenet

À Perpignan

Rimbaud portait

à la nature en fleur

son front saignant

Et chez Apollinaire

C’était le cœur

Qu’il perdait souvent

Sauf l’honneur

Disait-il

Se souvenant

de Marignan

Lefranc de Pompignan
Poète académique
Lisant ces rimes en -gnan
S'écrie :
Ce sont vers de bougnan !