TOUT PEUT TOUJOURS RECOMMENCER

Tout peut toujours recommencer par l’écriture ce miracle faisant chanter le papier

Tout peut recommencer à La Bastide de Besplas ce petit village où je naquis dans les années maquis

Tout peut recommencer ce jour où je te prends en stop et que je t’amène à Barcelone en haut d’une tour en construction de la Sagrada

Tout peut reprendre le rythme de la contrebasse de Mingus une nuit étoilée sur les hauteurs de Chateauvallon

Tout peut reprendre la forme élancée des Tours Jumelles inaugurées le jour de tes 20 ans le 4 avril 1973

Tout peut encore s’inventer une fiction à la jonction du rêve et du réel cette nuit particulière où  à 3 heures du matin on remet les pendules à l’heure de 2 heures

Une heure passée à écrire sur le papier qui quoi qu’on en pense n’a jamais existé

Martigues dimanche 27 octobre 2024

JE VIS DE PEU

Les fastes d’un opéra fabuleux c’est dans ma tête, mais en réalité, je vis de peu. Il me suffit d’un petit feu, de petites pluies naturelles et de leurs nuages, d’air pur et du reste. Quelques paroles échangées sur le temps qu’il ne fait pas, l’écriture de mes pages sous les pavés et la lecture de mes livres derniers.( Je les porte ensuite systématiquement dans les boîtes disposées dans les jardins publics.) Résumé provisoire : Ma langue s'engourdit, un petit feu me court Honteux de sous la peau, je suis muet et sourd. 

Dorio 15 octobre 2024

JE VIS DE MILLE VIES

Je vis de mille vies

Je meurs de mille morts

J’ai lu ça quelque part

Mais je ne sais plus où

Je vis je meurs

Je ris je larmoie

Je  recopie Louise Labé

dite La Belle Cordière

Ses vers qui à la fois

affirment et qui nient

Je vis de mille morts

Je meurs de mille vies

En tissant des chansons

À mes chers disparus

À ma chère en allée

Dans sa nuit définitive

(ça je sais hélas où je l’ai lu

et quand je l’ai écrit)

https://www.editions-harmattan.fr/livre-poemes_a_ma_morte_jean_jacques_dorio-9782343129969-58621.html

D’UN TRAIT DE PLUME

D’un trait de plume 
encore
J’illumine la nuit
de ma maison natale
Face à l’église qui sonne minuit
Ma maison disparue
ainsi que tous ceux qui l’habitèrent
de la cave au grenier
Et j’oublie les paroles
les images perdues
Juste cette rencontre
D’un trait de plume
encore
Qui me maintient en vie