Réveil en silence Depuis que je vis tout seul Parlant au papier / Bégaiement heurté D’une langue métissée Mon corps est nomade / Horizon du texte Des courants alternatifs De nos fruits hâtifs / La page me tient Dépouillé de toute chair Ancré dans mes encres / Les mots m’imaginent Me font du bien ou me brisent Figures fissures
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COMME DES HAÏKUS
Heure du coucher Cou tordu sur un roman Tombé de mes yeux
Être en exil Ici ailleurs nulle part Mon cœur en miettes
L’envers du décor De Marseille à Anvers Le roi Dagobert
Elle soliloque Ch’timi occitan ou grec J’y perds mon latin
Petite vie brève Des violons sans archets Sans chambre d’échos
SUR LE PONT DES DEMOISELLES ET DANS L’ENFER DE LA BNF
J’ÉCRIS À TOUS LES FANTÔMES qui hantent les livres dans l’enfer de la BNF J’écris sur l’exemplaire unique qui valut à son auteur d’être exclu de la revue des Temps Modernes J’écris « Embrouillamini » sur un cahier « Clairefontaine » plein à ras bord mais que j’ai égaré un jour que me promenais du côté du Pont des Demoiselles J’écris pour faire diversion la critique de chroniques sur des livres annoncés mais qui n’ont jamais paru J’écris (mais d’où tu parles ?) depuis mon for intérieur J’écris, comme c’est drôle, avec et pour les autres, ces proses aporistiques qui défilent et contre vents et marées, persévèrent
UN DICTIONNAIRE À PART MOI
https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi
La B.N.F. (Bibliothèque Nationale de France) m’informe que le livre publié le 22 juin 2022, est entré dans ses rayons, côté Tolbiac au Rez-de-Jardin sous le numéro 164478. Les amateurs d’œuvres inconnues peuvent donc le consulter.
Supplément au dictionnaire à part moi
Dans votre cabinet de curiosités anachroniques, faites traîner les dernières choses à votre disposition. Cette bibliothèque dont l’ombre de M. le Maudit, hante l’étranglement par refus de rangement définitif, par peur de jeter tous vos bébés accumulés depuis l’adolescence avec l’eau du bouillon de culture. Passez. Faites don de toutes vos Pléiades, de toutes vos théories de « l’allitérature », vos tigres de papier, vos collections complètes de poésie à qui il manque toujours une pièce sans titre : la vôtre.
SONNET DE LA FAUSSE ÉPITAPHE
Faute de mieux je fais des vers Des verts des jaunes des en couleur Je fais des vers d’amour de grâce Et de disgrâce sans valeur Pourtant je sue je m’évertue J’épuce les dictionnaires Mais depuis que je deviens vieux Je n’ai plus la faveur des dieux D’autres que moi sont honorés Leur chef orné de la couronne Du mol rameau d’un olivier Ci-gît JJ qui n’eut pas fame Fut fol usant en vain ses gammes Et pi mourut sans épitaphe