Lire au lit l’ironie pont aux ânes des revuistes
lire au lit les yeux fermés rêvant de ce je ne sais quoi et de ce presque rien
lire au lit de la fiction de la friction de l’affliction de l’émotion
lire au lit lirola tirouit de l’alouette et vrilles du rossignol
lire au lit cette ligne paradoxale que quelqu’un écrivit avant toi
lire au lit un passage à haute voix pour celle qui à tes côtés lit aussi
lire au lit des aveux des avis des avertissements des points sur les i
lire au lit des poètes baroques des perles ignorées
lire au lit en levant la tête seul sans paroles sans bouger au ralenti
lire au lit un barbare en Asie illustré par des encres de Zao Wou-Ki
lire au lit des histoires rongées par le remords l’écoulement du temps
lire au lit de la philosophie l’inquiétude vitale la quiétude des sages
lire au lit ces carnets d’une vie que j’ai écrits bon an mal an jusqu'à mes quatre fois vingt ans
lire au lit nos livres de chevet qui se cachent dans un nocturne infini
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LIGNES IGNORÉES
Lignes ignorées
Traces uniques éphémères
Reprises de pensées qu’on avait oubliées
.
Après huit jours de balades
Je retrouve mon pieu
Où je prose cette ballade
Mes manies d’écriture
Après un premier somme
.
Je retrouve en somme
L’éphémère quotidien de nos nuits
Où nous rêvons éveillés
Cherchant obstinément
Les mots pour le dire
.
Avec toi qui me lis
En prolongeant j’espère
Ce qui parle dans ta tête
Et toi qui ne fais que passer
Sur ces lignes nouvelles
Des profanes ignorées
.
Martigues 12 juin 2025
UN GRAIN DE SABLE
Un grain de sable se retourne dans le sablier universel la main l’écrit dans le suspens du mouvement dans le silence d’un exercice de style : variations sur les connexions entre la poésie et le temps mesuré par le grain grain des mots sur la page comme une lettre fragile glissée sous la porte après une nuit d’insomnie
QUEL EST CE NOM
Quel est ce nom
Écrit au doigt
Et à l’oeil
Passé minuit
.
Venu de notre ignorance
Il nous hante et nous accompagne
Tel un nom perdu de notre enfance
.
Venu des jeux de l’art
De nous imaginer
Prince ou gueux
Reine des neiges
Alice éternelle
.
Un nom commun
Ou extrait de la zone
Linguistique explorée
Quotidiennement
Par les derniers des Mohicans
.
Ce nom silencieux
Il ne tient qu’à toi
De le réinventer
PEINE PERDUE
Aucun poème en vue
Petits petits je les appelle
Je leur lance du grain
Mais aucun ne se pointe
.
Ou bien ce sont chimères
Poèmes à l’ancienne
Qui dans de vieux cahiers
Se terrent
.
Se taire
C’est le mieux
Semble t-il
.
Petits petits
Restez cachés
Dans la forêt
Des symboles
Et des rêves
En allés
.
Restez absents
De tout bouquet
.