Maintenant j’oublie J’en fais le pari J’oublie le savoir À l’école appris J’oublie le pouvoir De changer en rimes L’ombre d’un bourreau Le temps d’un soupir J’oublie les déprimes Des heures de bureau Le roi Lear Shakespeare J’oublie Roméo Juliette Gréco Si tu t’imagines De Raymond Queneau J’oublie Imagine De John et Yoko Mais je n’oublie pas La paix en péril Le Climat en berne La bonne gouverne Ce chant puéril
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HUGO IX JANVIER DEUX MILLE VINGT DEUX
Ce que j’aime dans les textes anciens c’est leur nouveauté. Ce que je déteste dans les textes nouveaux c’est la banalité de leurs clichés.
Rependre Hugo l’Inépuisable Absent mais attentif Que diable ! Le rapiécer de neufs habits Ce 9 janvier 2 mil 22 Lire Totor Signer Bibi Pasticher l’esprit boutadeux Passer ainsi d’un livre à l’autre De griffonnages en gribouillis Faire des farces sous les astres Touiller ses crèmes et bouillies Jouer avec ses taches d’encre Ayant des aspects d’animaux Faire des pieds et des dactyles Donner au poème un style D’improvisation -mot à mot- Farfadet léger Lever l’ancre Relire Hugo c’est pas pour dire Mais ça fait pendant le Covid Un bien fou C’est à l’écart vivre De mille vers Rimes d’un vide Où amusé je procrastine Je suis au bois où l’on entend Joyeux la flûte des Satyres Et je fais des niches aux pédants Parodies Pastiches Satires Arrête-là me dit Victor Referme à dessein mon livre Ouvre ton cœur Prends ton essor Enfantin, bucolique, ivre. Italiques Victor Hugo
MA SEMBLANCE
J’ai écrit sur tout et sur rien bien avant de t’avoir connue Mais après ta mort qui m’a laissé sur le c. (pardon mon amour pour « le gros mot » suggéré) Écrire pour continuer à vivre est devenu mon viatique ma p’tite folie Plus que jamais et dans la nuit Je forge à ma manière ces Essais Nés pour Montaigne aussi de la mort de son ami La Boétie Celui qui, à ma connaissance, fut le seul vivant à appeler son épouse ma semblance Plus que jamais Mes paroles ont semblance d’un homme qui sème sur un chemin voué à l’effacement
AMAS DORÉS D’IMAGES ET D’UNE QUESTION

QUESTION POUR UN AMATEUR (de poésie) On a des armes pour rire Et un cœur pour mourir Encore un diptyque Qui te laisse baba Mais qui était donc ce type Dont les fenêtres brillaient Comme des yeux Avec des suites aussi banales que Le général est un vieux monsieur MÉTAPHORIES Je me meus me déplace D’un mot à l’autre Dont je transpose les sens Amas dorés d’ombres et d’abandons 1 -Mais pour quel intérêt ? demande Monsieur Perplexe. -Mais c’est parce que c’est la seule manière de rendre le mouvement et la vie ! -Comme c’est étrange, Ajoute Perplexe -Et oui, cher professeur, ce n’est pas du langage courant après l’ombre des morts vivants. 1 Paul Valéry Dormeuse NOIR CARNET Mon carnet commencé le 23 novembre 2021 De l’année précédente S’achève ce deux janvier 2022 Sa page dernière est cornée Un participe sujet à de multiples interprétations Qu’il est inutile ici D’écorner
LE MOT FIN
-Vous savez ma chère Céleste il est arrivé une grande chose cette nuit… -Monsieur je ne sais pas ce que cela peut être -Eh bien je vais vous le dire J’ai mis le mot FIN Maintenant je peux mourir Céleste Albaret Monsieur Proust J’ai encore essayé cette nuit, non sans mal, de compléter mes alphabets J’ai encore essayé comme de coutume en lisant, en écrivant, en suspendant de longues minutes ces deux activités J’ai mis à mal le sommeil et son arc-en-ciel Ma griffe a labouré les codes et les cadres Comme le font contre les écrivains du dimanche Les poètes du lundi matin Et puis dans la fumée sans feu J’ai écrit le mot FIN