Écrit de hamac Je me balance la tête Dans mes rêveries
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HAÏKU 07:55
Chacun sa chimère Paradis artificiel Saison en enfer
CARAVAN D’ELLINGTON LES CHIENS QUI ABOIENT et le reste

Je me souviens de Caravan d’Ellington
et des chiens aboient la caravane passe
Je me souviens d’une fête de l’Huma
où Aragon mangea son chapeau
parce qu’il avait autorisé ce diable de Picasso
à exécuter le portrait du star Staline
le dieu vivant des Cocos
qui venait de casser sa pipe
Je me souviens des marionnettes avec de la ficelle et du papier Je me souviens de l'an 40 Je me souviens du déluge Je me souviens des courses en luge dans la vallée de Luz Ardiden Je me souviens des vocalises et de la valise ou du cercueil Je me souviens des aèdes et des funambules Je me souviens des barricades mystérieuses en si bémol majeur Je me souviens de l'ordre des Frères Mineurs
CAPITALE DE LA COULEUR : PATCHWORK

Tableau patchwork 50x70 cm Composé le 22 septembre 2016 Equinoxe d’automne Par JJ Dorio Un pays comme un tissu Un pays paysage Un pays passage De textes en textes Une profusion de signes Comme une bannière Une prière à lever Entre deux monts Entre deux mers Une brassée de couleurs Pour joncher nos jours Et illuminer nos nuits Une toile comme un défi Danielle Nabonne 30/08/2023

Entre griffures Et racines De la bête aux aguets À l’homme masqué Danse du désir Et de la mort Une femme coud Les morceaux de la pièce Et son aiguille raconte Ce qui était et ce qui fuit Ce qui demeure Face à ce qui se dérobe Le lent et patient travail De la création Danielle Nabonne 30/08/2023

COUDRE LE MONDE Le monde a plusieurs couches En chacune vivent plusieurs esprits Coudre le monde c’est les visiter Tableaux Kuna : les molas un art d’Amérique Un précieux livre d’art et d’ethnologie Michel Perrin 1998 Coudre le monde : Molakana Coudre les tissus bariolés des indiennes Kuna Coudre les oiseaux sur fond de madrépores Coudre les mythes et leurs secrets Coudre les points de ton cœur avec un fil passé dans tes papiers de condamnée Coudre ces créatioures qu’on ne sait nommer en français Coudre l’amour de si près saisi qu’il crie sans cesse au feu (Marot) Coudre les ballades et la ronde de tous les gars du monde et des veuves de marins Coudre les fleurs bleues ou bien les blanches Coudre un cœur pour la fête des mamans qui meurent un dimanche Coudre l’Adieu à l’enfance Coudre les poèmes à dire et à chanter Coudre l’oubli d’éternité Coudre les souhaits et les promesses de paix trésor qu’on ne peut trop louer (Charles d’Orléans) Coudre les libres pensées avec des vers dorés Coudre nos dictionnaires de Pierre Bayle et d’Alain Rey Coudre les soleils irréductibles d’un 14 juillet Coudre Batouque rythme du tamtam sur la machine à écrire de Césaire (Aimé) Coudre les souvenirs de mon aimée quand nous buvions aux sources des bois la gorge en feu Coudre tout ce qui ne se coud pas Coudre ce qui secoue les jeux des forains sur les places en fête Coudre le temps des cerises sur un exemplaire des Misérables Coudre la brise marine sur la nostalgie du présent Coudre tout ce qui brise la malédiction des gueux et des famines Coudre cet apoème sur le cahier d’un écolier qui dit pouce… c’est terminé ! Jean Jacques Dorio Extrait d’un vieil « apoème » reprisé ce mercredi 30 août 2023 autour de minuit

invitation à l’écriture
des visiteurs et visiteuses
de cette page multiple
et bariolée
« Le temps des occupations quotidiennes, dans lequel nous courons sans cesse après quelque chose, est un temps horizontal. Celui de l’exercice poétique se ramasse sur lui-même et engendre un mouvement ascendant. Il est un pur présent. «
JJ Dorio La nostalgie du présent
LES VAGUES GRISES

Tableau 50x70 cm Titre : Les vagues grises Réalisé le jour de Pâques 16 avril 2017 Par JJ Dorio Acrylique collages Dessins encre de Chine Un mufle passe Sur la prairie fleurie Je me souviens Des dessins du paravent De mon enfance J’apprenais le silence Ce qu’il cache Ce qu’il donne à voir Une histoire à raconter À contre-jour À contre-nuit Une encre à poursuivre Animaux fabuleux Danseurs jouant sur un fil Je me souviens Que j’oublie parfois Le nom des roses Mais pas leur parfum Ni leur couleur Le troupeau est passé La terre fume encore Danielle Nabonne 29/08/2023

détail 1
FEMME ET OISEAU Oiseau des roseaux Roseaux insensés qui mettent le feu à l’imagination L’imagination qui sait si bien nous voler notre mort Notre mort tournesol et pain dur du chemin Chemin camino cheminer chemineau cheminée Cheminée de mon petit village Mon petit village qui s’envole dans l’espace de l’après-guerre L’après-guerre l’avant-guerre quand donc sous le pont de Miró finira la semaine la semaison où l’on se glisse avec le geste auguste du scribe et du faucheur de constellations qui jettent les graines qui croisent les signes: femme et oiseau Jean Jacques Dorio Sur une Constellation de Joan Miró

détail 2
FEMME DANS LA NUIT La nuit captive de dieu et de Sainte Thérèse d’Avila D’Avila où les tours sont des aigles Des aigles qui ignorent les petits oiseaux Petits oiseaux des goélettes et des goélands Goélands qui goilent dans les îles Les îles et leurs archipels de bateaux-mouche et de Baléares Baléares où Miró se fit démiurge des Constellations Constellations de rythme et de l’articulation silencieuse L’articulation du dire et du faire Faire cette alchimie des femmes et de la nuit et laisser dire…femme dans la nuit Dorio /Miró

détail 3
FEMMES ENCERCLEES PAR LE VOL D'UN OISEAU Le vol d’un oiseau qui monte d’un livre ivre d’éternité Éternité des chants canciones cantates et cantilènes Cantilènes des rois des reines et des voiles lointaines Voiles lointaines encerclant les vergers insulaires et les chemins insolites des Constellations Constellations normandes conçues à Varengeville et roulant d’archipels en archipiélagos jusqu’à la catedral de Mayorca La cathédrale de Majorque désormais couronnée par les mains de Miró Les mains de Miró et le choeur de ces femmes encerclées par le vol d’un oiseau Dorio/Miró