À chaque page une partie se joue Avant de commencer on ne sait laquelle À chaque éveil que nous fait le coup des insomnies Cette nuit c’est le jeu du fugitif Il se cache dans une cuadrilla qui s’avance dans le ruedo Ou bien il joue de la clarinette pour animer les débats Sur l’arène sans glas des cinq cœurs du soir planent sept milans ou peut-être des buses Et après sa mise à mort les mules et leurs grelots font tourner le taureau Comme une toupie
Un nouveau dictionnaire à part moi
(en cours d’écriture vos commentaires sont les bienvenus)
Ce livre qui vient de paraître est un livre rare, précieux, unique pour ceux et celles qui perdent parfois leurs couleurset même tout ce qu’on appelait naguère « la beauté », les notes qui s’aiment, les pierres qui montent des Babels, le Verbe et ses compléments ses appendices…
Faute de couleurs, nous nous devions suffire d’une plume et de son encre de Chine, secrétée de la poche de noir d’une seiche, c’était alors notre langage.
Un p’tit coin d’paradis chanson enregistrée au studio du Petit Mas 18 mai 2016
FINI DE RIRE
Il faut certes condamner les tueurs, puisque ce sont des bourreaux qui ôtant la vie, mais il faut aussi les analyser : ce sont de bons symptômes de l’état mental, politique, d’une société. Les tueurs du 7 janvier ont affirmé, par leur geste, une chose très simple : fini de rire. Dix ans après, je vois et j’entends ceci : des tas de gens, certes en désaccord avec la méthode de ses tueurs, sont plutôt d’accord avec leur message. Ils ne veulent pas tuer ceux qui tâchent de faire rire avec ce qui n’est pas drôle; mais ils aimeraient bien les empêcher d’en faire rire d’autres.
Beaucoup ne veulent pas comprendre cette opération de l’esprit et du cœur, ce geste libérateur. Ils sont persuadés qu’on ne peut pas rire ou sourire de tout. Ils ressemblent à ceux qui sont contre la peine de mort « sauf dans certains cas »; donc qui sont pour. Ils sont pour la liberté de rire et d’associer par l’absurde, sauf quand ça les vise ou les chosue; donc ils sont contre.