Obole
Mot premier
Cette nuit
Sur la page
Obole
D’une parole
Qui entretient
La petite flamme
Du for intérieur
Obole
Mot dernier
Viatique
Un peu d’or
Entre les lèvres
De ceux qui ont été
Et qui dorment
Désormais
Pour l’éternité
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Obole
Mot premier
Cette nuit
Sur la page
Obole
D’une parole
Qui entretient
La petite flamme
Du for intérieur
Obole
Mot dernier
Viatique
Un peu d’or
Entre les lèvres
De ceux qui ont été
Et qui dorment
Désormais
Pour l’éternité
Je me lance enfin dans le texte du jour après avoir raturé trois esquisses
S’il est ainsi difficile de commencer imaginez ce que ce sera de finir ai-je lu hier
C’est un livre sur la fin de toutes choses et en particulier sur les dernières œuvres d’un artiste ou la dernière prestation d’un sportif de haut niveau
L’équilibre précaire avant l’effondrement
Pourtant rien de funèbre et même de mon point de vue une certaine jouissance prophétique
(Je laisse mes lecteurs en juger)
Je suis chaque nom de l’histoire dit l’un, avant de se jeter à Turin au cou d’un cheval battu et de plonger dans la folie (traduit de l’allemand)
Ce n’est pas la fin Nous nous recroiserons un jour ou l’autre sur l’avenue chante un second dans une version du Tangled Up in Blue (traduit de l’américain)
Je suis né une année incertaine et les siècles m’encerclent de feu écrit le troisième depuis un camp de déportation (traduit du russe)
Voici pour cette nuit trois présents à méditer
Je les ai transcrits depuis ma chambre blanche dans un grand lit où ma morte en souriant se retourne et me dit :
–Que veux-tu sans toi que je devienne ? Ouvre les volets le jour sort des ténèbres !
(longtemps après)
On ne résiste pas à ce dernier ajout proustien, lu sur les voûtes de Saint Marc à Venise, qui n’est rien moins que l’évocation de « l’éternel retour » :
Car tout doit revenir, comme il est écrit aux voûtes de Saint-Marc, et comme le proclament, buvant aux urnes de marbre et de jaspe des chapiteaux byzantins, les oiseaux qui signifient à la fois la mort et la résurrection.
Goutte à goutte du temps
Ne quittez pas l’écoute
En voyage malade
Sur une lande nue
Ou dans la ville de Cette
Qui fête son jubilé
Besoin de chaleur
Et d’humanité
De soleil fondant
Comme du chocolat
Et nolens volens
Besoin de poèmes
Engrossés d’Azur
Autour de minuit la journée s’achève
« C’est l’heure de bloguer sur poésie mode d’emploi » affiche l ‘iPad sur lequel je prose ces quelques lignes
Cette poésie sans mode d’emploi (le titre du blog est un leurre)
Ce sera passé minuit maintenant un poème propulsé du bas vers le haut
Telle une flèche un javelot
Un poème contrarié au cours de son ascension par la gravité
Mais qui connaît l’instant insaisissable où il ne monte ni ne descend
En suspens
Un pur poème inexistant
POÉSIE MODE D’EMPLOI
Dix-huit ans d’obsession
Un texte chaque jour
Apparaître verbal
Sur ce blog de WordPress
Un texte à compléter
Un texte papillon
Comme un battement d’ailes
Pollinisant l’esprit
De l’Autre qui est en nous
Des autres qui le lisent
Dix-huit ans d’illusions
Et de belle utopie
Martigues 25 novembre 2024
Dans la maison du poètereau
Le temps s’écoule entre deux mots
Entre présent (futur passé) et temps zéro
Dans la maison de vers tracés au cordeau
La corde vibre entre deux maux
Le mal de l’idéal le mal des mal-aimés
Le corps s’afflige puis se reprend
Cesse ses plaintes de piètre penseur
Tire l’esprit vers l’extase verbale
Grosse modo vers l’inspiration du Père Hugo
Dont l’égo surabondant se mue en voix de Dieu
Au bord de l’infini Victor prophète et messie
Joue la Comédie surchargée d’éternité
C’est et ça peut paraître boursouflé
Mais comparé aux petites bouches et aux poids plume qui se vendent au marché de la poésie aujourd’hui
Tout est pardonné