L’OUBLI DE LA TOUSSAINT

Je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert
Et de bruyère en fleur

Victor Hugo

J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t-en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps Temps de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends

Guillaume Apollinaire


Cette année – allez savoir pourquoi –
J’ai oublié que le 1° novembre était le jour de Toussaint
Je l’ai décalé d’une semaine dans ma tête

Mes morts et ma morte
Ne m’en tiendront cure
Ils savent Elle sait
Que je prends soin d’eux
Et d’Elle chaque jour

Ils sont patients
Elle m’attend









LA MORT & LES AMOURS TOUJOURS RECOMMENCÉES


La mer, la mer, toujours recommencée.

Paul Valéry (Le cimetière marin)


L’amour, la mort toujours entremêlées,
J’ai lu cent fois le cimetière marin
Je n’aurais jamais imaginé que tu y reposerais un jour
Bien avant moi de sept ans ton aîné

Sous un pin, toi aussi, à deux pas de la mer,
Mais tes focs sont ici des géants
Portant gaz, pétrole ou conteneurs.

Golfe de Fos et non de Sète
Où Valéry situa son poème
En surplomb de ce toit tranquille
Et du « cimetière des pauvres » où bulle
Brassens l’humble troubadour de la Supplique

Mais brisons-là avec ces morts célèbres
Toi ma fraîcheur mon âme universelle
Sur mes lèvres et mon livre*
Toi qui cèles nos amours post mortem
Dans le secret des mers
Éclaboussées par l’écume de mes humbles vers

Poèmes à ma morte
L’Harmattan 2017