Salutaires
Les mots
Dont on porte
Le contraire
Oxymore
Des crocs
Des chiens
En colère
Des mécènes
Et des boucs
émissaires
Apollinaire
Notre Homère
Cueillant
Ce brin de bruyère
Creusant ce texte
Des yeux
Jusqu’aux oreilles
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Salutaires
Les mots
Dont on porte
Le contraire
Oxymore
Des crocs
Des chiens
En colère
Des mécènes
Et des boucs
émissaires
Apollinaire
Notre Homère
Cueillant
Ce brin de bruyère
Creusant ce texte
Des yeux
Jusqu’aux oreilles
XXIV heures pile
Les deux aiguilles sur le XII
La saveur des heures fixes
Domaine du Grand Pin
Sur la feuille d’un sang noir
Tiré de mon encrier d’écolier
La tête pleine de dictées
Et de poèmes appris par cœur
Je me les récite
14 lustres après
Les avoir recopiés
Sur le cahier de poésie
À chaque ligne un tournant
Dans cette main qui jette
Des étincelles dans la nuit
Je perds sans cesse des bouts de textes
C’est ainsi écrire et perdre
Comme un tissu qui s’effiloche
Accrocs de l’espace et du temps
Bon vent mauvais vent
Quand les absents ont toujours tort
Et les présents s’amoncellent
Sous le sapin des souvenirs
On regarde la vague
Et l’on se dit que les guerres prolifèrent
Les fracas des haines emportent au loin les enfants
Alors nous pleurons sans larmes
En attendant l’aurore
Danielle Nabonne
Pour Poésie mode d’emploi
On n’écrit pas sans y laisser des plumes, plumes gauloises ou sergent major, que l’on mouillait sur son poignet avant de suivre la ligne où l’on traçait avec application ses pleins et ses déliés. Ainsi l’on s’imagine sur son banc d’écolier recopiant avec soin la Morale du jour : il faut s’appliquer et persévérer. On n’écrit pas sans y laisser ses plumes de jeune oiseau piailleur puis de vieil animal gouailleur qui s’amuse à déconstruire la fable du monde. On n’écrit pas sans ses rêves d’enfant, désormais aux cheveux blancs, oiseau de vie qui nous picore, oiseau de mort qui disparaît avec notre corps.
Astoria dans le quartier du Queens New York 14 mai 2018 pour le premier jet, Martigues 20 décembre 2024 pour cette version.
J’écris mes derniers poèmes
C’est une décision bête
Ou sage je ne sais pas
Je jette mes derniers grains
De sable sur le papier
Où j’ai tant et tant écrit
Par centaines par milliers
Mes petits propos poèmes
Maille à maille en vers libres
Ou mesurés (ces derniers
Se jouent en heptasyllabes)
J’écrirai désormais
De la prose sans manière
Sur la grève crépusculaire
Sans Regrets sans repentirs
J’écrirai mes feux follets
Rieurs taquins facétieux
Petites flammes de rien
Veilleuses d’éternité
Martigues 29 octobre 2024