C’est ma dernière liste avant que ne s’achève l’année frappée par le glaive ou l’épée qui vont lui donner l’estocade D’un homme parvenu à mon âge on ne peut attendre que des variations autour de thèmes que l’on dit éculés Et cependant et maintenant Luxe inouï de phrases des Illuminations Je suis toujours à vos genoux mon opéra mundi applaudi par une salle vide Parez-vousdansez riez Cela commencera par des enfants Cela finira par eux
italiques Les Illuminations : Phrases / Matinée d’ivresse Arthur Rimbaud
Je perds les pédales devant l'horrible guerre -C'est pas juste dit un enfant Après l'Israélien c'est un Palestinien qui parle Je suisentouré d'arbres qui me regardent Je les entends me menacer Je ne sais au juste ce qu'ils me reprochent Difficile pourtant d'esquiver Mais dire la détresse comme elle est N'est pas donné à la langue de tous les jours (les motsdes tribus ennemies ajoutent de la haine au désespoir) Le nom qui donnerait un début de réponse Reste sur le bout de la langue Mais non l'œuvre picturale que je ressors soudain de ma mémoire Je l'ai vue et longuement contemplée Au temps de la Guerre du Vietnam Au Moma à New York Avant qu'elle ne revienne Au musée de la Reine Sofia À Madrid (après la mort du dictateur fasciste espagnol) -C'est pas juste disent les enfantsdes deux peuples ennemis C'est de plus en plus nous qui subissons le massacre des innocents Combien d'années maudites faudra-t-il encore passer Avant de revoir refleurir la paix l'art le petit bonheurd'Exister
Martigues vendredi 8 décembre 2023
Si personne ne dit rien je dis : le tragique c’est quand les deux ont raison.
Nous irons sûrement au bout du tragique.
Michel Chalandon
Un cumulus de violence mine toute image de son cœur sombre,
91 À LIVRE OUVERT mais avec peu de pouvoir sur ses lignes qui se déroulent et s’échappent comme des serpents À livre ouvert faisant crisser les mots des exercices de mises en bouche dismoigrogragrangraindorge quantedégrogragraindorgeras-tu À livre ouvert tournant dans la nuit les pages à l’envers lecture improvisée pour oiseaux migrateurs ivres de leurs concerts improvisés À livre ouvert pages arrachées et qui s’envolent capricieuses offertes à notre humaine condition qui en ces temps crépusculaires aime plus que jamais tourner les pages des livres ouverts sur les couleurs les lumières et les sons toute la part fragile de l’enfance de l’art en grand péril et menacée par le serpent des contes cruels qui à la fin avale leurs lecteurs
LE LIVRE D’UNE VIE Une autrebiographie en mille et un fragments JJ Dorio (en cours d’écriture)
Je ne sais que te dire Le papier pourtant sur lequel je te l’écris Est doux tresséde jaune..
Comme les amours de qui tu saisSi tu ne sais pasC’est pas bien graveTu n’as qu’à l’inventer Amours jaunesOù on ne voit que du bleuJe l’écris noir sur blancPour l’enfant soucieuxDe mots qui à l’écrit lui échappent :Chrysanthème ou geckoQui grimpe hors du cadreDe ce poème de fortune
Le chien aboie
L’histoire passe
L’homme fou
Lance des éclairs
Son fouet dessine
Dans le ciel
Des cavales furieuses
La femme supplie
Ses mains tressent
Le chagrin et la peine
Le chien aboieDanielle NabonneTableau et poème
09/11/2023