ADIEU AUX POÈMES

Adieu au poème

Adieu toi que j’aime

Une fois dernière

Adieu à ta disparition

Adieu à ses lecteurs

disparus roulés dans

la farine des images

qui leur vident la tête

Adieu au don de soi

Donnant un nom

À toutes les choses

Qui ne font que passer

Adieu à l’art de trouver

Que sais-je À se sortir

des pièges d’un exilé

de l’intérieur

Adieu à la grande illusion

Adieu à l’assiette

Du rythme du monde

Du langage et du sujet

Adieu à la rêverie

À la chercherie

De l’espace du dedans

De la parole de l’arrière pays

Adieu basta ya

Tu as fait ton temps

Ça suffit

Vraiment ça suffit ?

ÉCRIRE LIRE

Raisons d’écrire : Faire ses autoportraits en mouvement selon les années Se déplacer du moi au je Se prendre au jeu des autres en nous Des mots qui nouent et qui dénouent ce que l’on pensait impossible à dire et que l’on essaie de dévoiler sur une carte un bout de papier un écran désormais Raisons d’écrire en boucles ironiques d’éternité

Raisons de lire : S’asseoir pour se soulager dans le cabinet de lecture le « lieu » privilégié des poètes de sept ans à soixante-dix sept ans, Fréquenter l’enfer de la B.N.F où le poète d’Alcool recopie le manuscrit interdit des cent mille verges Se saouler des poèmes décadents de Jadis et naguère Lire à haute voix Don Quichotte à sa dulcinée S’inspirer des pages vierges et vivaces du bel aujourd’hui prisées par tout lecteur en quête de beauté

Raisons de lire et d’écrire conjointement et toujours comme dit le poète quelque part dans l’inachevé

FACE À L’ÉPOQUE NOIRE

                                  5

Je cherche pour finir cette série de cinq

Poèmes des espoirs face à  l’époque noire

Je cherche en marchant en tournant chaque vers

Dans le pas des poètes les majeurs les mineurs

Les Orphées enchanteurs et les Orphées qui foirent

Voulant se retourner pour voir leur Eurydice

Heureux les amoureux que leur amour requinque

Et qui chantent sans cesse dans la joie la détresse

La perte de leurs flammes en arborant leur thyrse

Leur dérisoire insigne Ils persistent et ils signent

Leurs livres sur des lèvres de paradis perdus

En paradis présents sans regrets de jadis

Présent des nostalgies dans l’inachèvement

LA CORNE DE LA GUERRE

                                    4

La corne de la guerre ne doit pas interdire

Dans la zone de paix l’imaginaire du scribe

Du peintre du chanteur de lied ou de ballade

Je pense donc je suis ? Non Je suis donc je balade

Dans la vie des pensées qui peignent le passage

Ce n’est pas moi c’est moi Soi-même c’est cet autre

En mouvements subtils qui affirme et qui nie

La vie est mouvement mais aussi permanence

Maintien d’une recherche d’une vie belle et bonne

Avec et pour les autres en liberté en paix