MON PIANO

Mon piano ton piano son piano Et l’boléro d’monsieur Ravel réduit à sa portion Pleyel Léo Ferré

Je joue tous les jours sur mon piano, des accords et des notes justes ou fausses, sans souci puique je ne demande à personne de m’écouter.

Je joue, je tape ou je caresse, arrêté, hésitant, un air quelquefois enchanté.  De certains j’ai fait chansons nouvelles, mortes et enterrées dans 3 CD.

Il arrive cependant que quand je suis bien luné, le piano me fasse toucher du doigt certaines vérités, quelques touches de nostalgie avec ce temps d’oreille qui marque sa temporalité quelque part dans l’inachevé.

MONSIEUR DE LA FONTAINE  FABULISTE ET CONTEUR

Rire sous cape des tours que prodigua notre fabuleux fabuliste

Longue est la liste qui allient vérités et sottises aux discours de ses fables et contes que la royale critique censura

Contons mais contons bien C’est le point principal

Rire sous cape Écrire sous influence de Machiavel La mandragore ou de Boccace dont le décaméron jacasse

Reprendre de La Fontaine puisque tel était son nom plaisanteries et cajoleries Mettant le feu à la maison

Relire ses stratagèmes gaillardises et gageures Couler la main au sein au-dessus du marché

Quel soulas quel plaisir Que de souligner les bons tours en déduits et propos licencieux :

Les voilà seuls et pour le faire court

En beau début la dame s’étant mise

En un habit  à donner de l’amour

Si vous avez suivi mes petites nouvelles

Je vous invite sans tarder

À lire du bonhomme toutes les lignes

Qui font de son œuvre impie de succulentes Bagatelles

 

London 19 juillet 2024

LE POÈTE EXISTE-T-IL ?

Après que derrière la montagne il a disparu son ombre encore sur la cime traîne sa bosse tel un vieux soleil de  théâtre

Tristan Felix

Le poète a’xiste pas

C’est rin

Dit l’un

Poète te pend au nez

C’est quelques vers

Tirés comme le lait

Des nouveaux nés

Dit la maman des poissons

Et quoi encore ?

Le poète est coi

Prolixe et bègue

Plumes de l’oiseau Phénix

Qui survole sa page d’écume

Par temps de détresse

Et de vents contraires

Oubliant toute mesure

Procédés procédures

Que lui dicte la nuit féconde

Hors de facilités

Pas de patins glissant

Sur le parquet ciré

De ses poèmes

Semences d’or

Marée verbale

Mais quoi encor?

Ces petits riens

D’un instant précieux

Qui a donné

Cette page fragile

D’un inédit

Dans ce monde marchand

Où la moindre chanson

Se vend comme cochon

Cette page dont personne

Ne semble plus connaître

Le long travail suspendu

Élaboré au mieux

Au miel de l’espèce

Butineuse imaginante

Tresse des anonymes

Qui se donnent l’illusion

De participer à la recherche

De leurs mots manquants

Sur leurs carnets sacripants

Londres une nuit sans demi-brume

18 juillet 2024

Une première version

a été publiée

dans la revue éphémère

La Passe

de l’été 2016

Dont le thème le poète existe-t-il

permit à quatorze participant.e.s

d’accoucher de leurs métamorphoses

apparaître verbal

et souci d’Exister

en parlant au papier