Un grain de sable se retourne dans le sablier universel la main l’écrit dans le suspens du mouvement dans le silence d’un exercice de style : variations sur les connexions entre la poésie et le temps mesuré par le grain grain des mots sur la page comme une lettre fragile glissée sous la porte après une nuit d’insomnie
QUEL EST CE NOM
Quel est ce nom
Écrit au doigt
Et à l’oeil
Passé minuit
.
Venu de notre ignorance
Il nous hante et nous accompagne
Tel un nom perdu de notre enfance
.
Venu des jeux de l’art
De nous imaginer
Prince ou gueux
Reine des neiges
Alice éternelle
.
Un nom commun
Ou extrait de la zone
Linguistique explorée
Quotidiennement
Par les derniers des Mohicans
.
Ce nom silencieux
Il ne tient qu’à toi
De le réinventer
PEINE PERDUE
Aucun poème en vue
Petits petits je les appelle
Je leur lance du grain
Mais aucun ne se pointe
.
Ou bien ce sont chimères
Poèmes à l’ancienne
Qui dans de vieux cahiers
Se terrent
.
Se taire
C’est le mieux
Semble t-il
.
Petits petits
Restez cachés
Dans la forêt
Des symboles
Et des rêves
En allés
.
Restez absents
De tout bouquet
.
UNE CARTE PLUS BLEUE QU’UNE ORANGE
.
Voilà l’objet
Une belle carte bleue
Comme une orange
.
Voilà les mots
Qu’on ne sait
Sur quel pied
Faire danser
.
Voilà les signes
Caractères noirs
D’encre de Chine
Ou plus rare
D’un pastel
Du Lauragais
.
Voici le reste
Quand l’écriture
N’est plus rien
Qu’un zéro pointé
.
Le zéfiro le vent
Léger de vivre
S’est arrêté
.
Toulouse 7 juin 2025
LA CRÉATION
La création
Ça fait désordre
.
On coupe
On assemble
On répartit
Les restes
.
Au petit bonheur
La chance
.
En quête d’un lecteur idéal
Recréant nos images
Nos idées
La vie du langage
Qui nous donne vigueur
Sous la lampe de nuit
D’un artiste mineur