JE NE SUIS PAS JE SUIS

Je ne suis pas papillonant dans le monde mais je suis écrivant dans mon lit

Je ne suis pas dans la lune mais je suis présent dans le livre d’un certain Plume

Je ne suis pas dans le divan du divin Lacan mais je suis sortant de la grotte du Cyclope accroché au bélier de l’ Odyssée comme Personne

Je ne suis pas dans un labyrinthe imaginé en aveugle par Borges mais je suis dans la bouche d’ombre qui m’a dicté pour moi seul  ces lignes contrastées (pour le moins)

NUIT DE PRINTEMPS

Nuit de printemps

Un printemps de plus

Sur mes cheveux blancs

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Nuit de printemps

Je lis des haïkus

Le cou reposant

Sur mon oreiller

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Nuit de printemps

Issa entend un rossignol

Seishi évoque un cerf volant

Basho confond grenouille

Et piment rouge

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Plouf dans le bénitier

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Nuit de printemps

Le jour s’est couché

De mauvaise humeur

Il arborait un gilet jaune

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Plouf dans le vivier

Des poésies printanières

Primesautières

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J’écris une dernière fois

Nuit de printemps

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Lenteur d’un lecteur

Passant d’une rive à l’autre

À quatre vingt berges

REGARDE ÇA

Regarde ça

dit un poème

dans les bras de la nuit

les mots veulent vivre

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Regarde ça

Côté mur blanc

Côté coup du sort

Qui se balance

Dans le mistral naissant

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Regarde ça

Au compte goutte

Tu presses tes mots

Tu n’y vois goutte

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Regarde ça

Tout doit disparaitre

Des champs magnétiques

Aux chants poétiques

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Regarde ça

Des vers sans rimes

Marchent sur la mer

La mort n’y mord

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Regarde ça

Une voie d’encre

Voix visitée

Par une Conception

Qui sonne

La fin de cette création

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Excusez le désordre

Elle a été imaginée

Dans une anse marseillaise

Du côté des Goudes

En cueillant un bouquet

De jaunes immortelles

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UNE PAGE BLANCHE DE LA SÉRIE NOIRE

Bon ça a été du sport l’écriture de ce texte D’abord il m’a fallu retrouver la petite clef qui ouvrait la valise où il était caché Je me suis souvenu après d’intenses cogitations que la clé en question était entre deux pages du Bonheur des ogres le premier livre publié par Pennacchioni alias Daniel Pennac dans l’inquiétante collection de la Série noire Ensuite une fois ouverte ce n’est pas un texte tout fait qui est apparu mais des tas de mots en sont sortis Tout un fatras de l’un dans l’autre des mots-valise et des mots-miroir qu’il m’a fallu récupérer au petit bonheur la chance : des clones de Satie et de ses gymnopédistes, des gnocchis et des gnosiennes, des cordes de pluie et des cordes de piano pincées par des épingles à nourrice, de la peinture au ripolin des deux célèbres Pica – le sot et le bia- des dés à coudre le temps perdu, des partitions exécutées aux lisières du silence et des lecteurs indifférents ou excités comme des puces sautant sur chaque page de cette série donnée à lire blanc sur noir ici même sur le blog mythique de poésie mode d’emploi

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Martigues 27 mai 2025 02.00