NE ME SUIVEZ PAS JE SUIS PERDU

N’étant tenu à rien, je me dis que l’on peut écrire toujours autrement, sûrement mieux, si ce n’est pire.
Je me dis que moins on en sait, en effet, plus on est péremptoire, définitif, parfait, sans possibilité de revenir sur ses pensées, sur ses mots erratiques.
Au lieu, par exemple, d’apposer sur la vitre arrière de sa voiture ce surréaliste « Ne me suivez pas Je suis perdu ».
N’étant tenu à rien, je me dis qu’il ne faut pas laisser prendre ce petit texte de hasard, cette prétention linguistique.
J’abrège et je m’en vais avec l’autre Pessoa, celui qu’aucun critique ne pourra jamais coucher sur ses papiers.
En l’absence ce dimanche matin 9 novembre 2025 du chant des sirènes, nous avons décidé de concert, d’aller déguster un petit pastel de nata, craquant, suivi d’une giginha , la guigne qui vous donne la légère ivresse des cerises à l’eau-de-vie.

TOUT EN DESSINANT

Tout en dessinant
Me voilà riant
à la pensée
de Gargantua
inventeur du torchecul

Tout en dessinant
Tirant mes lignes
Sur les cagots boursouflés
Qui parlent à la télé
Hères bigots cafards empantouflés

Tout en dessinant
Pensées pinces sans rire
Et à pleurer
Mi-tout mi-rien

Tout en dessinant
Pensées divagantes
Muettes paroles
Dans une averse de flèches
Comme un rire d’enfant

Tout en dessinant
En croisant les doigts
Sur mon piano monkien
Autour de Minuit
Round midnight