UN CLOWN APPROXIMATIF

UN CLOWN APPROXIMATIF

-Qui es-tu? Je ne sais rien de toi?

-Tant mieux. Que ça reste intact.

De toute façon je suis approximatif.

-Approximatif?

-Oui. Je suis à peu près.

Entrée de clown

Sur le carnet et sur l’écran, l’éclat lyrique et burlesque d’un clown de papier.

On y entend des blagues allégoriques, dithyrambiques, machiavéliques, magnétiques et, au final, fatidiques.

Una voce poco fa qui nel cor me risuoño.

Je suis ce brin de paille dans l’étable, dit le clown Verlaine, porteur d’espoir.

Et tout le reste est littérature.

L’ÉCRITURE D’UN POÈME

Maintenir nos petits dispositifs

Qui font de l’écriture d’un poème

Mille ajustements créatifs

Où le corps en action

Élève notre esprit

.

Face à ce qui se dérobe

Écrire ce peu de nous

Qui noue ressemblances

Et discordances

.

C’est le bon temps de la vie

Surgi de la croupe et du bond

De l’écume et de la nuit

.

Italiques : Michaux, Mallarmé

L’HOMME PA/O/STICHE

L’HOMME PO/A/STICHE

H., le poète des temps de détresse, sombra dans l’absence. Il devint fou, comme on disait alors, foudroyé, il se changea en souche, tronc d’arbre pétrifié. Il fut recueilli par la famille d’un menuisier qui nourrit l’homme poète po/a/stiche durant la bagatelle de 37 ans.

H.M. alias Mr Plume, disparut dans la nuit du 18 au 19 octobre 1984, dans une chambre de l’Hôpital Universitaire. Il mourut en tenant une plaquette de ses derniers vers sur laquelle on pouvait lire : Ne me laissez pas pour mort parce que les journaux auront annoncé que je n’y suis plus…Je compte sur toi lecteur, sur toi qui vas me lire quelque jour. Ne me laisse pas seul avec les morts, comme un malheureux soldat sur le front.

H + H.M., c’est bon pour la plume, plum plum tralala.

PRÉ-RENTRÉE

Je crois que le jour où je m’éloignerai complètement de mon enfance, je ne pourrai plus écrire. Tuer l’enfant dans l’adulte, c’est vraiment tuer tout rapport avec la créativité.

Romain Gary

J’ai connu le tablier gris des écoliers et le jeudi des quatre dimanches où l’on chômait

J’ai connu l’écriture à la plume sergent major que l’on trempait dans l’encrier en porcelaine fiché dans la table en bois (le pupitre)

J’ai connu le tableau noir où le maître, plus rarement la maîtresse, nous permettait de faire claquer ou crisser les craies de toutes les couleurs, mais principalement la craie blanche comme neige

J’ai connu tous ces petits bonheurs de l’enfance 

Je  l’affirme croix de bois croix de fer et je le signe sur mon site numérique mesurant ainsi la distance abyssale qui nous sépare de cette époque d’un commencement qui n’en finit pas de me hanter