POÈME SANS JE

Poème sans je

Venu sur cette feuille

Comme un songe

Sans je mais non sans jeu

*****

Une songerie surgie

De l’écume des nuits

Des rimes et des vers

Offerts par des poètes

Qui sont le bon temps de la vie

****

C’est trop beau pour être vrai

C’est poésie méthode Ray

(qu’est ce qu’on attend pour être heureux)

******

C’est ce que vous voulez

Ces mots sur cette feuille

Couchés à la bonne heure

Hors Je

BÂTONS ET LETTRES

Bâtons et lettres

Feuillets noircis

Au crayon papier

Ou à l’encre de Chine

Sur une vie mouvante

Et quelque peu

Anachronique

L’ai-je vécue

Pour la conter

Celle où on peut me confondre

Avec des personnages

Issus des romanciers ?

Je ne sais pas

Je sais

Telles toutes ces vies

Perdues en chemin

Et qui mêlent

Comme dit la formule*

Commencement

Et fin

*Ce commencement qui n’en finit pas

DÉSIR D’ÉCRIRE

Le goût des mots

Toujours nouveaux

Toujours manquants

Ou disparus

*****

On parlécrit

Toujours épris

De cet affect

Nommé Désir

***

Désir d’écrire

Et cris Et rires

Sans y penser

Ces vers légers

Ce petit feu

Qui brûle nos doigts

………………………..

(il manque un vers

un octosyllabe

scindé en deux

qui me le soufflera ?)

ON VA VOIR CE QU’ON VA VOIR

On va voir ce qu’on va voir y compris les yeux fermés On va voir des écrivains mauvais comme des cochons On va voir  le corps d’un dormeur du val enveloppé dans des draps de coque d’oeuf On va voir des cygnes qui sur le point de pousser leur dernier chant se noient dans la rosace de la cathédrale d’Amiens On va voir un homme soluble dans le dictionnaire Larousse illustré On va voir une lime à ongle  scier les fondations de la tour Eiffel On va  voir ma mère qui est toujours là chanter la madelon à l’angle de la rue de la Paix et de la place de l’ Opéra On va voir deux Esquimaux chanter la ballade des mots exquis On va voir cette présence reliée à l’enfance de l’art le chemin de la fin qui recule vers le futur ou vers le néant c’est selon