SANS REPOS





Et lentement nous quittent toutes les choses terrestres

Succession des saisons du Corps et de l’Esprit

Aucune nostalgie ni fuite dans la fausse poésie

Mais le rythme de ces quelques lignes écrites

En retrait des tumultes du monde





Le crayon sur la page

Dans le hamac ouvert

Auprès du mimosa

Et de la haie de laurier

Donnant ses derniers roses





Un jeu à quatre mains

Où les pensées sauvages

Vont et s’échangent

Sans barguigner





Ce qui est commencé par l’un

Est continué par l’autre

Sans repos*





* Roland Barthes (l’Empire des sens)


	

RETIENS BIEN CE QUI T’ÉCHAPPE

 
 
J’ai perdu ma mine  ma petite mine de crayon gris
Aussi ce que tu lis lecteur anonyme ne fut pas écrit
Mais pensé ruminé avec l’impératif de le retenir
   Un pari bébête    un pari de tête :
«Retiens bien ce qui t’échappe».
 
  C’était ton être en lambeaux que tu essayais de reconfigurer
  Avec tes armes et bagages
tes lettres de l’enfance
   Où tu t’imagines toujours bondissant
en jouant au jeu de barres
  à la course au sac  à la marelle
   Avec les mots de Gavroche
et la faute à Voltaire
 
Et c’est maintenant ton être au présent
actif imaginant
posé sur ta chaise en bois blanc
les pieds sur ta table d’écriture
avec pour boucler le tout
deux doigts sur le clavier
 
Et puis mine de rien
Tu te dis que ce que l’exercice imaginait
S’est réalisé