CECI ÉTAIT ET N’ÉTAIT PAS

CECI ÉTAIT ET N’ÉTAIT PAS aixo era y non era disent les conteurs majorquins Ceci était et n’était pas sous les pavés la page et face à Léonard peignant une dame assise en entier –jusqu’à ses pieds  posés sur un sol en damier de bibliothèque de Veira da Silva- la dame tient un tableautin bidimensionnel la représentant –la Joconde- Ceci était et n’était pas –aixo era y non era– des fictions –ficciones– mangées par les taches de café là où la part personnelle de mon histoire s’arrête le reste étant en la mémoire de mes lecteurs ou peut-être en leur espérance –esperanza esperanza bailando el chachacha– ou leur peur –temor-Ceci était et n’était pas : un petit disque plat et froid qui se met soudain à chanter la missa solemnis Ceci était et n’était pas Dieu opus 123 Domine Deus Rex Coelestis Aixo era y non era : collant leurs petits museaux roses aux grilles des mensonges littéraires chantant des choses comiques entre l’anacoluthe et le lapsus Ceci était et n’était pas : un conte de Mayorca une grue japonaise tissant avec ses plumes en sang les trous noirs l’antimatière les hallucinations du village global Ceci était une Joconde souriante Et ceci n’était pas la Joconde ouvrant ses lèvres en disant Comi di Comédie La comédie d’un jour La comédie d’la vie Paolo Conte

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

LES FORMES DE MA VIE





LES FORMES DE MA VIE

Les formes de ma vie sont ainsi entrées les unes dans les autres.

Chateaubriand





Je suis et ne suis pas

Ces signes sur la page

L’instant ouvert au monde

Ce va-et-vient de mer

Dans la rumeur des vagues

Et le murmur des mots

Que l’on dit fondateurs

Dans le Secret des Marges





Je suis et ne suis pas

Cet océan qui flotte

Les sphinx volants des rêves

Le bouclier d’Orion

Le bon alexandrin

Coupé en deux fleurant

Le son d’un parchemin

Les  rimes du chemin





Je suis et ne suis pas

Un pantoum négligé

Les formes sur la feuille

Qui nous métamorphosent

Les îles ignorées

De l’ode et de l’épître

Les pavés sous la plage

Dans le beau mois de Mai





Je suis et ne suis pas

Ni moi-même ni un autre

À la fin de la pièce

Comme un dernier baiser





Secret des Marges

JJ DORIO

Ed Rafael de Surtis (2011)

enregistrement « brut » en attendant le raffinement que l’on crée dans un studio