CHAQUE NUIT UN POÈME

Chaque nuit un poème

Comme franchir le guet

Pierre à pierre vers à vers

À Saint-Gilles à Vauvert

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Chaque nuit le désir

L’essence même de l’homme

Sur les pages de l’Éthique

Pour ne pas perdre la boussole

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Encres vives plume folle

Chaque nuit voit ma pomme

Cheminer dans le labyrinthe

D’un monde de rumeurs

Où je suis de plus en plus

absent

DANS LA NUIT

Dans la nuit

Trois poèmes

Se sont brisés

Enterrés vifs

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Dans la nuit

Un quatrième

En secret

Apparaît

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Dans la nuit

Où on fait

Le ménage

De ses idées

En usant de

La ralentie

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Dans la nuit

Même balbutiant

Ce quatrième poème

On n’a pas honte

De le faire apparaître

Illustré par une hypnographie

Maintenant

LE PICODIVINDRÉ

J’écris dans les grandes largeurs à l’italienne

J’écris à longueur du temps qui me ronge

J’écris pour fêter une enfance ou d’une autre manière un enterrement

J’écris que j’ai vu l’orvet glisser dans la douceur du soir

Je me souviens qu’en occitan on appelle ce serpent de verre un picodivindré (pique-vendredi)

J’écris pour ne pas retenir par cœur des phrases

aussi bien les sublimes que celles qui n’ont ni queue ni tête

J’ai écrit ce nouveau poème en lisant Postface de Léon Paul Fargue

Martigues vendredi 7 février 2025

XXIV HEURES PILE

XXIV heures pile

Les deux aiguilles sur le XII

La saveur des heures fixes

Domaine du Grand Pin

Sur la feuille d’un sang noir

Tiré de mon encrier d’écolier

La tête pleine de dictées

Et de poèmes appris par cœur

Je me les récite

14 lustres après

Les avoir recopiés

Sur le cahier de poésie

À chaque ligne un tournant

Dans cette main qui jette

Des étincelles dans la nuit