Je me souviens des dictées et des coups de règle
sur la tête ou les doigts
Je me souviens de Chalureau
qui se mordait la paume des mains
pour ne pas prendre le fou rire
Je me souviens de la règle de trois
Je me souviens du dessous obscur de l’escalier :
il servait de réserve de bois pour l’instituteur
et de cachot pour écolier récalcitrant
Je me souviens du jeu de barre dans la cour
où nous criions comme des perdus
Je me souviens des tabliers noirs
Je me souviens des pupitres
avec leur trou pour l’encrier
Je me souviens des plumes gauloises
et de la sergent major
Je me souviens de madame Sert
et de messieurs Géraud et Dinat
Je me souviens que l’on soulevait le béret à leur passage
Je me souviens de mes copains Riri et Jojo
Je me souviens de Bernadette et de Marité
Je me souviens des leçons de choses
sur l’escargot ou l’araignée
Je me souviens du poêle et de la bûche
que l’on apportait les matins d’hiver
J’entends encore la voix du maître qui nous intimidait :
Et je ne veux pas entendre une mouche voler !
Je me souviens des fables de La Fontaine
et du poème quotidien
que l’on récitait debout en nous balançant
Je me souviens de mon école