SENTIR la liberté aux semelles de vent









Tenter d’exposer en clair la vérité poétique, c’est chercher à circonscrire la poésie par les moyens du discours, énumérer ses aspects sous prétexte de la mieux saisir et, en fait, la laisser échapper, puisqu’elle par essence de l’ordre du tout ou rien et ne peut donc évidemment pas se débiter au détail. […] Je vise un but pratique et ce qu’il faudrait c’est – chose étrangère à toute théorie – me sentir planté en pleine poésie.    Michel Leiris

SENTIR




Sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules Sentir la liberté aux semelles de vent Sentir le bonheur des Sans-Culottes chantant et dansant la Carmagnole Sentir le bruit si doux du temps qui passe quand on compose une ballade Sentir bébé bouger la tête en bas les fesses en haut faisant ses sauts et ses gambades Sentir les battements du cœur et les violons de l’âme Sentir un parfum frais sortir des touffes d’asphodèle Sentir le goût des allitérations labiales, dentales, palatales, vélaires, uvulaires Sentir siffler ou chuinter les fricatives pour qui sont ses serpents /  un chasseur sachant chasser Sentir gueuler Flaubert pour parfaire sa phrase un gorille hurlant (sic) Gare au go Gare au ri Gare au gori ille ! Sentir la fin et le fagot, le sapin de la caisse, l’hérésie, le roussi, le lièvre et la perdrix Et ne pas se sentir le cœur de boucler cette fantaisie…





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