FAIRE et laisser dire

Écrire, c'est faire grandir les mots. Aller  à l'inconnu, éclairs nouveaux, étincelles des assonances. Rythmes, sensations, images. L'Écrire, c'est voix-pas-claire. On peut.  Patrick Chamoiseau

On peut...pour tâcher d'y voir clair. JJ Dorio

Faire …et laisser dire Faire une analyse…de la situation Faire une partie où l’on invite le lecteur (de soi-même) à dévoiler le dessous de ses cartes Faire connaissance de Nadja parce qu’en russe c’est le commencement du mot espérance et le commencement seulement Faire ce questionnement sur qui je suis qui me hante quel fantôme de l’avenir ? Faire une entourloupe sur sa carte d’identité pour laisser penser que l’on est né un jour avant sa naissance Faire la guerre aux faux souvenirs Faire la guerre de 14 comme élève infirmier à Nantes Faire des enquêtes pour la revue Littérature Faire un interrogatoire serré sur ses rêves de nuit Faire un saut de Breton à Leiris Faire du langage un tangage entre le jazz et la tauromachie Faire une œuvre ouverte en y serrant ses gloses Faire une phrase à cor et à cri oui mais dans l’inachèvement obligatoire de notre existence Faire une analyse (une vraie cette fois dans le cabinet d’un psy) Faire parler Œdipe même si comme Dieu il n’existe pas Faire des notes sur des fiches cartonnées devant tout ce qui nous passe sous les yeux en se disant ça peut toujours servir Faire de ses brouillons et broutilles des Exercices de Style Faire ainsi après Breton et Leiris du Queneau (Raymond) Faire quelques alexandrins au coin d’un pont Celui qui enjambait ma rivière Arize Faire le temps d’un espace une remise à zéro  Une optimisation poétique Faire bâtons de chiffres et de lettres Faire feu de tout bois et de toute brindille trempée dans l’encrier Faire du hasard allié au savoir un poème préhistorique Faire d’un facteur mathématique cent mille milliards de poèmes Faire de sa chambre noyée par la fumée des fumigations le lieu de la recherche effrénée des mots perdus  et du bien que ça procure de les retrouver Faire de  la peinture de caractères sortis de soleils avec des tentacules et d’une lune qui fait aboyer les petits chiens abandonnés par leurs dames dansant la sardane Faire ce que Miró appelait la couleur de mes rêves Faire (tant qu’on y est) des pictogrammes de peaux-rouges et des sonnets d’amours jaunes Faire des reparties qui font jaillir les geysers des quatre vérités Faire de Fragilité une suite de paroles folles cachées dans un puits de solitude Faire de Vulnérabilité un soin de caire que j’orthographie ainsi repensant à mes fautes de care qui me faisaient exploser dans la poudreuse quand je faisais du ski Faire une recension  du roman un pauvre type le 17 mars 1945 une semaine exactement avant que je ne sorte de la mer intérieure de ma mère pour (dit-on) pousser mon premier cri Faire d’Osiris ou la fuite en Egypte un poème signé Prévert écrit dans le musée du Louvre l’été de la guerre Faire enfin et pour dire stop à mes grands écarts de langage un dernier pied de nez en toute modestie

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