FINIR la ronde des infinitifs

FINIR

la ronde des infinitifs par des verbes défectifs ou disparus de nos conversations

ADIRER APPAROIR ARDER AVÉRER BÉER BRUIRE CHALOIR CHOIR COURRE FAILLIR FÉRIR FOUTRE FRIRE GÉSIR INTRURE ISSIR OCCIRE OUÏR PUER QUÉRIR RAIRE RAVOIR SOURDRE TISTRE TRANSIR 

Finir enfin cette ronde des infinitifs par des verbes défectifs ou disparus de nos conversations Adirer c’était perdre, égarer J’ai adiré mes papiers d’identité Apparoir : évident, manifeste ainsi qu’il appert de mes phrases boiteuses sur mon cahier d’ex-écolier Arder brûler J’ai ardé mes vaisseaux et mes questions fétiches devenues sans objet  (d’où viens-je qui suis-je où vais-je ?) Avérer de voir et s’avérer (se montrer, se révéler, se manifester) la tâche de faire disparaître mes taches d’encre s’avérait difficile « Béer aux lointains bleuâtres » magnifique expression de Chateaubriand qui l’emploie à propos des mouettes qu’il voit passer enfant à Saint Malo (J’en braie d’admiration) Bruire que l’on trouve sous deux formes (merci Maurice Grévisse) Ma tête bruyait comme la mer (Mac Orlan) Les jeunes filles bruissaient et bavardaient comme des fauvettes échappées (Hugo)  Chaloir avec l’idée de chaleur pour une chose, une cause, s’échauffer, la désirer ou au contraire Peu me chaut dit le manchot Choir n’a pas tout à fait disparu (combien d’amis m’ont laissé choir ?) mais chez Colette c’est savoureux : et me voilà chue, assise sur le dallage et dans le conte d’enfance du petit chaperon rouge : tire la chevillette et la bobinette cherra De Choir à Éclore de Perrault à Ronsard Mignonne allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose sa robe de pourpre au soleil (poésie en 6 octosyllabes de 3 strophes que je connais par cœur depuis le cours moyen de mon école élémentaire) Courre le cerf ou le cotillon (toute honte bue sur les pas de François Villon chez Brassens) Il s’ensuit (de s’ensuivre) encore une chanson de maître Georges aux petits oignons) Faillir en pensant à toi, ma disparue, le cœur me faut Férir on se souvient de l’expression sans coup férir, mais plus rarement de son participe passé : elle est férue de jazz manouche Parfaire nous nous y employons dans le désir d’améliorer notre prose (du monde) Foutre mot très bas (sic) pour le grammairien du “bon usage” mais foutu pour foutu c’est jamais complètement fichu Frire j’ai toujours en tête les vers de Jean Tardieu (dont j’ai fait une chanson) Dépêche-toi de rire Il en est encor temps Bientôt la poêle à frire Et Adieu le beau temps ! Gésir gisants ci-gît Dorio alias JJ (je laisse imaginer la suite de l’épitaphe à mes ayants droit) Recluse une araignée brune que l’on dit aussi violoniste et dont Fred Vargas fit un polar Intrure introduire sans droit, employé comme nom tous les élèves ont eu des exercices où il s’agissait de chasser les intrus Issir J’suis issu de gens Qui étaient pas du gen- Re sobre On conte que j’eus La tétée au jus D’octobre (fantaisies brassensensibles) Occire encore Brassens Convaincue de m’avoir occis   La voilà qui se radoucit  Oindre l’oint du Seigneur loin de ses impératifs : oins, oignons, oignez Ouïr Oyez Oyez bonnes gens ou bien  ce précieux alexandrin du poète d’Alcools : Ouïs du chœur des vents les cadences plagales (seuls les musiciens pratiquent ce passage à la fin d’une pièce de l’accord parfait de sous-dominante à l’accord parfait de tonique) Partir cette fameuse maille “à partager” que la gent querelleuse a tourné en son contraire une dispute ne valant ni sous ni maille Poindre quand le jour se lève l’aube point dans un sens plus agressif poindre se trouve dans ce proverbe mémorable Oignez vilain, il vous poindra Poignez vilain, il vous oindra Puer (autrefois puir) tu pues du q (oh!) Quérir “Elle alla quérir son coquin Qui avait l’appât du gain” (Brassens : l’assassinat) Raire bramer chez le cerf ou chez les gens qui pleurent aux enterrements comme des veaux Ravoir un jour ou l’autre une oiselle de mauvais augure nous avertit que nous r’aurions la guerre Seoir pour siéger ma maison d’enfance était sise à La Bastide de Besplas en Ariège ou bien pour convenir ce chapeau de comédien te sied à merveille Sourdre ça coule de source Partout où sourdait une fontaine croissait un figuier Chateaubriand Tistre (non “triste”) forme ancienne de tisser Le texte on devrait le savoir est “tissu” témoins ces vers alexandrins que j’ai de mes mains tissus Moudre les vaches disait mon père au lieu de “traire” L’été il les laissait paître jusqu’à la nuit et rentrée à l’étable il les mousait Portraire ou Pourtraire faire au crayon, à la plume, au fusain le portrait de madame X ou de monsieur Y Finissons notre ronde par Transir transi de froid transi de crainte passer de vie à trépas Je sentis tout mon corps et transir et brûler (Racine) Je sentis mon esprit tel Phœnix s’élever





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