ENFIN ON RESPIRE

Enfin on respire, disait Bathilde, la grand-mère mythique du narrateur parti à la recherche du temps perdu, enfin on est sorti de la moiteur venimeuse de la forêt amazonienne, la vie en ce jardin forme une ronde dans un décor verdoyant de plantes, d’arbres et d’oiseaux cardinal charmés par les instruments de musiques à thèmes, vielle à roue fortunée, harpes, cithares, flûtes, percussions de Strasbourg et tambours sans trompettes. Enfin on respire dans les allées détrempées où la peau verdâtre des prunes trop mûres portent la marque d’un atelier d’écriture de Maîtresse Oriol-Boyer, où nous déployâmes à cette occasion nos langues vertes de loriots chantant à qui mieux mieux. Enfin on redevient, au détour d’une allée des Jardins de Kensiton, cet enfant d’il était une fois une île manuscrite sur papier d’Atelier spécial Orphéon, qui chante la valse jaune de Vian, celle qui nous entraîne de l’autre côté du monde où coule le fleuve que, jadis naguère, nous avions baptisé, à tort semble-t-il, Le Paradis…

Marseille l’Orphéon 16/01/2023 atelier jardin proposé par André Bellatorre 

SUR LE JARDIN D’ÉDEN il n’y eut jamais que cette farce d’une Ève née de la côte d’Adam D’Éden il n’y eut que ce dédain envers la part femelle de l’humanité peint sur le visage d’un Dieu procréateur et dont Allah se charge aujourd’hui de la sale besogne en Iran, Afghanistan, partout où le voile de l’obscurantisme s’étend sur la femme maudite Alas! Alas ! Alas ! Sur le jardin d’ailleurs le temps passe et repasse comme le râteau sur l’aire sableuse d’un maître Zen comme les abeilles sortant de la ruche à miel venant frapper sur les carreaux comme des balles d’or  1 comme le manuscrit du premier homme trouvé dans la sacoche d’un romancier qui venait d’obtenir le prix Nobel écrasé contre un platane rencontré en chemin comme la clé USB datant de 1999 et prédisant la fin du monde au passage de l’an deux mil comme les simulacres d’un auteur de science-fiction et pour terminer cette collection comme un livre de Borges dont le titre s’est égaré mais non le lieu d’exécution : un banc de jardin de Genève celui de l’île Rousseau ou du Jardin Anglais, selon d’autres borgésiens, plus mythique de toute façon que réel, où le narrateur devenu ciego (notre cécité) entend un jeune blanc bec assis à ses côtés lui dire textuellement : « Ce qui est étrange c’est que nous nous ressemblons, mais vous êtes bien plus âgé, vous avez les cheveux blancs » 3 Ainsi en ce jardin secrets de littératures se sont convertis en fèves d’un épiphanie d’une improbable Nuit des Rois en lambeaux Shakespeare est toujours un excellent guide lorsque il s’agit d’avancer dans un brouillard équivoque et sanglant 2  Notre corps est notre jardin et notre volonté est le jardinier 4 On dit que quand il revint à sa maison de Stratford-upon-Avon, à seulement 33 ans, son œuvre bouclée, le grand Will durant ses 19 ans restants, eut l’idée de planter des « jardins de nœuds » avec leurs broderies de buis et des buissons aromatiques de lavandes, de germandrées et d’hysope (celle que l’humble traducteur de ce Jardin sans Éden cueille à la saison dans la Crau voisine- l’accroc final, en quelque sorte, de ce texte troué aux mythes…1 Flaubert Madame Bovary    2 Philippe Lançon Le lambeau  3 Borges El otro L’autre 4 William S

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