IL PEUT-ÊTRE DANGEREUX D’ENTRER SEUL.E DANS CETTE POÉSIE





L’inflexion des voix chères qui se sont tues
Paul Verlaine


Je ne savais pas avant de les écrire
Que ces vers étaient faits pour ta voix
Douce tendre mais dont les inflexions
Ont - cent fois hélas - disparues

Je lis ailleurs le rappel des croyances
Qui transfèrent nos morts dans un arbre
Une petite pierre Un oiseau Un lézard

Les mythes nous disent comment les libérer
Mais si ici j’en faisais le rappel
L’enchantement serait brisé

Je ne savais pas avant de l’écrire
Que cette page aurait ce goût d’inachevé

 

UN ÉCRIVANT IMPÉNITENT





J’écris comme ça vient. Et quand ça ne vient pas, je n’écris pas.

J’écris dans le secret des nuits, sous la lumière pâle de mes sept lustres (et demi).

J’écris en essayant d’être le moins possible « personnel ; c’est le défaut majeur des joueurs de rugby, qui oublient de faire la passe à leur partenaire mieux placé qu’eux pour marquer l’essai.

J’écris dans le vertige des mots et des choses, de soi et des autres qui ont merveilleusement écrits et qui nous donnent le vertige des listes, « entre l’exhaustif et l’inachevé.» (Georges Perec)

J’écris formellement sans me formaliser.

J’écris fort de café, laissant à la main entraînée la possibilité de filtrer entre événements réels et imaginés.

J’écris l’éclair et le deuil, le vocable sorti de derrière les fagots ou puisé par Montaigne ou Queneau, le rhizome « qui peut être brisé en n’importe quel point et reprendre en suivant une nouvelle pousse.» (selon Deleuze et Guattari)

J’écris sans rien de commun avec qui je suis. (un peu tout de même)

J’écris en vain mais « quand personne ne me lira » (Montaigne), j’aurai fait mon possible, alléluia, pour donner une forme au multiple et au singulier.

J’écris comme peignait Miró à partir d’un grain de poussière sur la toile, d’une inflexion de voix chère qui ne s’est pas encore tue, du fagot dans ma chambre quand j’avais une cheminée (qui tirait), de la forêt de pins d’Alep qui a brûlé cet été, de la cabane sans cesse commencée qu’imagine et fabrique mon petit fils âgé de 5 ans, à côté de l’étang de Pourra aux mille flamants. (hier 22/12/2020)

J’écris avec le tremblement heureux de mon ignorance et les 750 volumes de la Pléiade qui forment l’ADN de chacun des Sapiens.

J’écris comme ça vient. Et quand ça ne vient pas, je n’écris pas.

MAIS QU’EST-CE DONC QU’UN POÈME ?





Mais qu’est-ce donc qu’un poème ?

Une forme qui va, rit,

pleure, sur l’allégorie

de la désagrégation

qui ronge toute pensée.





Un rituel où j’arrache,

vers après vers, le chiendent

d’un monde instable, hostile.





Un poème s’en dégage

Où la vie trouve un passage.

Son livre joue d’écritures

Qui mêlent la tradition

-ce pur don de soi aux mots

forgés par les grands poètes-

À l’invention d’un présent,

heureux, dans l’inachevé.





V.XI.MMXX





une voix et l’invention d’un présent heureux…dans l’inachevé

	

POÈMES ARTISANAUX





Poèmes en graines

Semaisons





Ce matériau jaillissant de la langue

Ce quelque chose de plus

Venu des sources

et du sel de la poésie





Les essais sont multiples

Les impasses innombrables

et la mise au point

de toute pièce poétique

 toujours inachevée





le poème nouveau transforme nos croyances





AIMER ALLER ARTISAN ASTÉROÏDES AUJOURD’HUI BABELS BOOMERANG BIOGRAPHIE BLOG BOURRU CARNETS CHEMIN CHUTES COUTEAU  DANGER DÉDICACES DIABLE DORIO EFFLEURER ÉNIGME ESSAI EXIL FANTAISIE FÉTUS FRAGMENTS FRONT GAMMES GNANGNAN GRAINS GRATUIT HAÏKU  HOCHET MANIÈRES MARTIGUES MÉMOIRE MOINEAU MORT MYTHES NON-DIT   PAIX PALET PALIMPSESTE PARADIS PARADOXE PASSAGERS PASSER PASSEUR PENSER PHRASE POÈME POÉSIE POÈTE POINÇON POLYPHONIE PUCES QUE SAIS-JE RATÉ RÉALITÉ ROSIER SABLE SILENCIAIRE SOUFFLEUR SUJET TEMPS TRACES UTOPIE

AIMER L’UTOPIE

JE ME RENSEIGNE

hypnographies,fragments d’inachevé




Je me renseigne sur « ce que je sais » vraiment, à côté de ce que mon cerveau

a accumulé comme sottises et fadaises. Ce sont ces « cent sales mouches » qu’il

faut chasser tant qu’il en est encore temps.





Je me renseigne entrelaçant, selon ma manière, lecture et écriture, mais en évitant

si possible, « le conflit des interprétations ».





Je me renseigne, « à petit feu », évitant de provoquer ces brasiers qui enflamment

l’arbre qui cache la forêt.





Je me renseigne grattant la peau des palimpsestes, recopiant l’un sur l’autre,

ces fragments à goût d’inachevé.