CONNAISSANT LE REPOS J’AGIS

écriture manuscrite tel quel 20/01/2023

CONNAISSANT LE REPOS J’AGIS quand tout s’agite autour de moi je suis l’agent agissant l’agi selon la formule de Marcel Jousse extraire de « l’anthropologie du geste » que j’appris par cœur pour sa mystérieuse beauté Lectures, écritures, rencontres, remplois :  je suis en attente de ce qui dans la tempête tourne le dos au présentisme, aux effets de manche de journalistes qui commentent sans fin des images aussi peu ancrées dans le passé que cherchant à anticiper l’avenir Agir c’est connaître le repos. Être poète n’est pas une ambition que j’aie, c’est ma manière à moi d’être seul La valeur des choses n’est pas dans la durée mais dans l’intensité où elles arrivent 1Après l’anthropologie du geste, le livre de l’intranquillité, comme l’on traduit desassossego J’ouïs, j’écoute, reposé ( reposant la tête sur l’oreiller, tranquille sossegado), j’entends les proses pessoennes qui vibrent et intranquillisent ceux qui écrivent leurs livres a beira mágoa (en bordure des blessures) un traducteur propose « aux rives du chagrin » Derrière les ennuis et les vastes chagrins Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse 2 Connaissant le repos j’agis plein d’allant retenu parlant de rive à rive de vivant agent agissant l’agi aux fantômes des voix chères qui ne se sont tues que par ignorance de lecteurs fascinés par l’absurde désir d’ « être absolument moderne » Mon arrière-grand-père Dorio était un petit homme jovial avec pipe et béret noir né dans une ferme et sur des terres qui appartenaient à un maître qui ne lui faisait aucun cadeau et qui perdit tragiquement 3 de ses 4 garçons à la guerre de 14 élevant mon père son petit enfant Il mourut dans la chambre que j’occupais immédiatement enfant étant resté longtemps dans le petit lit à côté du grand de mes parents Ces petites gens qui ne faisaient de mal à personne et que l’on vint chercher pour mourir face à des ennemis qu’ils ne connaissaient ni d’Ève ni d’Adam Je connais seul le secret qui m’a fait passer du couple Pessoa Baudelaire à mon pépi Charlie comme je l’appelais Je suis Charlie et Noël Dorio son pétithil (petit fils en occitan) Je suis Cabu la douceur même et Wolinski qui déclencha mes premiers rires en mai 68 Connaissant l’infini paisible du repos en paix en dépit des horreurs produites par les guerriers de tout poil J’agis à la fois modeste et invincible (encore une citation en remploi) Changeant sans cesse pour rester toujours en accord avec ce qu’il y a de plus profond de plus fugitif dans l’heure 3 L’heure nécessaire où l’agent agissant l’agi a produit cet écrit ignoré de Balzac et des jeunes filles en fleurs Mon cher Pessoa ta magie est si grande que comme le rossignol que j’entends à la fin de mes nuits de lecteur écrivant elle m’enchante quand je ne sais toujours pas si ce que j’ai prosé une heure durant est de la poésie ou pas

1 Pessoa 2 Baudelaire 3 Proust

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :