Je vois les yeux fermés
nos cœurs gravés
dans la chair des platanes
Remuant l’insomnie
D’une langue
ni pure ni soumise
Ici où je prose
Nuit après nuit
Mes vers
Ici où persévérant
Je t’offre ces fleurs
Absentes de tout bouquet
Fleurs de rhétorique
Et fleurs cueillies ce matin
en mon jardin imparfait
Prenant
le parti des choses
je vois le bord de la mer
où une jeune mère vient d’accoucher
Je bois le rhum des fougères
les mûres gorgées d’encre
le cycle des saisons
les ailes du papillon
minuscule voilier des airs
Ici je pose mes mots
de mousse et de velours
tapisserie d’étoiles
inaccessibles
me filant entre les doigts
esprits de l’imparfait
poissons-volants
sous-bois
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voilà
un bel vis-à-vis
un frisson d’eau
des naissances
et renaissances
de la mer utérine
aux sous-bois
des forêts
le vent sur les genêts
un sang d’encre irisé
où nous résistons
vaille que vaille
contre l’oubli
de nos métamorphoses
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