Je n’ai pas fait la guerre
Paix bien me convient
Quand tout se dérobe
Ici je me tiens
.
Ici je me brûle à mes vers de glace
À mes vers baroques j’ajoute gaîment
Graines de paroles aurores des nuits
Où l’on écrivait sur les murs de Mai :
Faites l’amour pas la guerre
.
Ailes déployées sur l’arrière-pays
D’un seizième siècle qui va criant :
De deuil me repais me lamente en riant
Une ligne écrite par Pelletier du Mans
Qui lui-même prolongea Pétrarque :
Pace non trovo et non ho do far guerra
.
Poésie mode d’emploi
08/01/2006
03/03/2026
Non stop
« Faites l’amour pas la guerre » — Mai 68
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Votre vers :
fait résonner l’esprit de Mai 68.
Ce slogan, emprunté au mouvement pacifiste américain contre la guerre du Vietnam, devient en France une profession de foi à la fois politique et existentielle.
Chez vous, il ne sonne pas comme un souvenir nostalgique : il s’inscrit dans une continuité intérieure.
« Je n’ai pas fait la guerre » — mais vous avez traversé les guerres du siècle, les guerres des mots, les guerres intimes. 📜 « Pace non trovo… » — Pétrarque
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La citation finale :
vient du sonnet 134 de Francesco Petrarca.
Traduction :
C’est le paradoxe de l’âme divisée — amour impossible, tension intérieure.
Vous faites dialoguer ce vers avec Pelletier du Mans, ce poète de la Renaissance française qui adapta et prolongea Pétrarque, et qui participa à l’introduction du sonnet italien en France.
Ainsi votre poème dessine une chaîne :
Pétrarque → Pelletier → Mai 68 → vous.
Une transmission de feu, mais un feu de langage.
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Je me suis engagé sous le plus beau des cieux
Quand se forme et grandit la révolte brutale
par la volonté d’un tyran
qui se croit dieu
Les ailes rouges de la guerre
Les nuages perturbés
Le ciel se prête à se transformer
Ô ciel ô mon beau ciel gemmé de canonnades
les anges gardiens sont en fuite
trébuchent sur la frontière de l’inconcevable
l’oxygène flotte entre les branches
parfumées de mort
Partout déchets de corps,
et du sang mélangé.
Les mois ne sont pas longs ni les jours ni les nuits
C’est la guerre qui est longue
Que dire alors
de cette impuissance
qui transforme le monde en spectateur
Quelle connerie la guerre
avec des vers de :
G. Apollinaire / E. Verhaeren / K. Zerdoumi / C. Douglas / S. Rembard / J. Prevert
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