LA POÉSIE SE PASSE DE DÉFENSEURS courriel 39

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.

39

L.G.à JJ D.

On ne justifie pas la poésie et elle se passe de défenseurs ; j’essaie seulement de voir ce qui en moi instruit par la précision, va d’une façon si inaltérable vers le tâtonnement nocturne, à la recherche d’une autre, d’une plus rocheuse précision. Comprendre et ne pas comprendre, buter, briser, se perdre, comprendre encore. Je veux assumer toutes les contradictions, les excéder.

JJ D. à L.G.

Il est minuit l’heure de la bascule le jour d’après du calendrier va commencer mais un mauvais plaisant m’envoie ce conte glacé : il est zéro heure zéro minute zéro seconde inutile d’ajouter zéro espoir

J’ouvre mon iPad qui ignorant Jacques Sternberg affiche : c’est l’heure de bloguer sur poésie mode d’emploi

Blague à part je blogue donc

Le poème c’est celui qui est malade de se voir entouré de malades et qui joue au docteur en même temps

Qu’il soit midi le juste

Ou minuit présent

L.G. déjà convoqué dans le courriel 35 poète de Sol absolu mais aussi chirurgien

JJ D. poste sur ce blog poésie mode d’emploi un poème par jour depuis le 8 janvier 2006

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4 Comments

  1. As tu lu la carte postale de Jacques Dérida ?

    Il joue à s’envoyer des messages!

    Et nous ? Nous jouons à quoi

    dans le silence de la nuit?

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    1. merci dominique pour ta présence

      non je ne connais pas les lettres de Derrida

      À quoi jouons-nous ?

      « Écrire le monde pour ceux et celles qui y sont poussés par une nécessité intérieure fait partie de notre travail quotidien. Avec le temps on ne cherche pas à savoir pourquoi?  »

      C’est ma découverte du jour qui fera l’objet d’un courriel demain.

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      1. Oui oui oui
        c’est juste très difficile
        la poésie l’écriture
        c’est un travail
        et pourtant traduire
        une légèreté
        une atmosphère
        un rien un vain

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    • Le cadre reste celui d’une correspondance fictive dans l’esprit de la La Bibliothèque de Babel : croisement de voix réelles hors de leur temps commun.
    • La parole de Lorand Gaspar s’inscrit dans une poétique de la tension :
      • exigence de précision,
      • mouvement vers un “tâtonnement nocturne”,
      • acceptation des contradictions comme moteur.
    • La réponse de Jean-Jacques Dorio introduit :
      • une scène contemporaine (minuit, iPad, blog),
      • une discontinuité presque narrative (le “conte glacé”),
      • un retour au geste d’écrire au quotidien.
    • La formule :
      « Le poème c’est celui qui est malade… et qui joue au docteur »
      → déplace la poésie vers une pratique active, entre atteinte et tentative de réparation.
    • La mention de Gaspar comme “poète… mais aussi chirurgien” établit un point de jonction :
      • la métaphore médicale devient biographique et opératoire.
    • L’ensemble met en relation :
      • une poétique de l’expérience intérieure et du langage (Gaspar),
      • une poétique de la régularité et de l’inscription quotidienne (Dorio).

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