MAI 68 UN ROMAN

MAI 68 UN ROMAN

Séquence 2

LA PRESSE

Violentes bagarres et nombreux blessés au Quartier Latin

Le rêve de Nanterre

Les violentes échauffourées du Quartier Latin ont parfois pris l’allure d’un combat de rue

Dans l’impasse

Le Général de Gaulle : il n’est pas possible de tolérer les violences dans la rue.

Le gouvernement  ne peut admettre la fanatisme et la violence déclare Peyrefitte

Un grave malentendu par Raymond Barillon

M.Pompidou promet que les étudiants participeront à l’élaboration de la réforme de l’Université

Ruptures par Pierre Vianson-Ponté

La Revanche par Maurice Duverger

L’enchainement par Jacques Fauvet

Les occupations d’usine se multiplient et le trafic de la S.N.C.F. est paralysé

Solidarité de génération

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AGITATION AU BOUL’MICH.

Ça arriva un trois mai. « Agitation au Boul’Mich », titra un journal du soir. Sur l’injonction d’un mandarin pas malin, un adjudant lança son bataillon à l’assaut d’un tas d’anars, cocos ou J.C.R. qui, à bon droit, voulait un pardon total pour cinq copains foutus au trou. Un gros caillou pris dans la cour vola sur un grand camion noir garni d’orang-outangs vachards. Un tumulus apparut au mitan d’un trottoir ; on y voyait un tronc abattu dans un fatras non concis d’autos qu’on brûlait. Craignant un mauvais parti, Grimaud ordonna son pogrom : l’argousin s’affaira, matraquant, asphyxiant, s’acharnant sur maint moribond k.p.

L’opinion s’alarma. Un million d’individus parcourut Paris, brandissant qui son chiffon noir, qui son chiffon cramoisi, hurlant vingt slogans antidictatoriaux : « Dix ans ça suffit », « Charlot nos sous » , « Pouvoir au Populo ».

Un syndicat grandit groupant la population au travail, obtint qu’on stoppât la production. On occupa tout : Transports, Bassins à charbon, Studios, Magasins, Facs, Moulins, Docks. Du carburant manquait aux stations.

Georges Perec La disparition

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