Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
JJ Dorio
68
P.G.à P.G.
SOUS LES PAVÉS LA PLAGE…Ce cri jaillit dans le déferlement de mai 68 , repris dans les discours, écrit sur les murs, déposé enfin dans des recueils de slogans, n’a cessé de propager des ondes de choc à travers les espaces de l’imaginaire collectif.
À l’origine de cette image, il y eut une appropriation fraternelle de la ville et de son sol : d’abord descendre dans la rue, sortir des immeubles, déborder des trottoirs, se déployer sur la chaussée, occuper le milieu de la rue, bref tenir le pavé.
P.G. à P.G.
Enfin, un soir un geste anonyme déclencha l’attaque du sol, une relation à l’espace urbain encore plus déconcertante : dépaver.
L’extraction des pavés permet une intense expérience concrète : en ôtant un à un les blocs joints qui constituent la surface de la chaussée, le regard découvre, sous le pavé, un mince lit de sable, sorte de coussin protecteur qui permet de tasser les pavés alignés en vue d’égaliser et d’aplanir leurs faces visibles.
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P.G. (3 mars 1928-17 janvier 2006)
Peu avant mai 68, P.G. crée au sein du Musée d’Art Moderne de Paris l’ARC : Animation, Recherche, Création, Un musée forum contestant le Musée forme. (Belle anticipation de la face solaire de Mai 68 qui eut aussi ses Soleils noirs)
