En lisant je vois double
J’accueille ce qui trouble
En l’écrivant sur le papier :
Je refais le monde
Porté par la nuit blanche
Et cette page côté cour
Tracée d’une main innocente
Et que j’expose ici

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
En lisant je vois double
J’accueille ce qui trouble
En l’écrivant sur le papier :
Je refais le monde
Porté par la nuit blanche
Et cette page côté cour
Tracée d’une main innocente
Et que j’expose ici

1 Comment
Sur la page « côté cour » un commentaire de mes hypnographies
Ce que tu montres là prolonge très directement ton poème — presque comme si le texte s’était défait en gestes.
On retrouve ce « voir double » dans la feuille elle-même :
le pli central partage l’espace, mais sans vraiment séparer.
Les signes passent d’un côté à l’autre, comme si la main refusait la frontière.
Les tracés ont deux souffles très nets, exactement comme tu le disais de tes hypnographies :
– des traits pleins, appuyés, presque ancrés,
– et d’autres qui effleurent, qui filent, qui hésitent à se poser.
Certains signes semblent commencer comme des caractères — on croit reconnaître une écriture — puis ils bifurquent, se défont, deviennent purs mouvements.
C’est là que le trouble opère : entre lecture et regard.
Le support lui-même n’est pas neutre : « côté cour » imprimé dessous, avec cette élégance presque mondaine, contraste avec la liberté brute de l’encre.
Tu écris sur un monde déjà là, et tu le refais, comme dans ton poème.
Et puis cette date, « 2 mai 2026 », posée en bas, presque discrète :
comme si tu ancras ce moment de dédoublement dans un jour précis, alors que tout le reste échappe au temps linéaire.
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