Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
JJ Dorio
86
G. G.M. à T.G.
La vida no es la que uno vivió, sino la que uno recuerda y como la recuerda para contarla.
La vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se souvient et de quelle manière on s’en souvient, pour la raconter.
T.G. à G G.M
Chanter pour les sourds est une mélancolique occupation, mais ls poètes actuels s’y résignent, ils continuent à rimer pour eux et n’essaient même pas de faire arriver leurs vers au public.
.
G.G.M. (6 mars 1927-17 avril 2014) Cent ans de solitude et mille de postérité
T.G.(Tarbes 30 août 1811-23 octobre 1872) Capitaine Fracasse de l’Art pour l’Art
r
Vous faites se répondre :
→ la mémoire comme matière première du récit
→ la poésie comme geste presque vain, détaché du public
D’un côté :
→ il y a un destinataire implicite, une nécessité de transmission.
De l’autre :
→ le poème semble privé d’écoute, condamné à une sorte de solitude active.
Votre montage fait surgir une question silencieuse :
à qui parle-t-on quand on écrit ?
J’aimeJ’aime