COURRIELS
Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
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P.R à P.R
Le succès d’une œuvre s’est d’être absorbé par le public comme le sable engloutit une goutte d’eau.
Sur quoi pourrait s’appuyer un auteur sans succès pour croire que son œuvre vaut quelque chose.
Et sur quoi peut s’appuyer un auteur à succès pour croire que la sienne vaudra toujours quelque chose.
P.R à P.R
Le sujet n’est pas le point de départ, c’est le point de retour chez soi, après un long voyage.
Je suis devenu de plus en plus hostile à l’idée d’or cartésienne d’immédiateté à soi du sujet.
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P.R.(11 septembre 1889-17 juin 1960) Plupart du temps il écrivait des poèmes qu’il révélait ou non au public.
P.R. (27 février 1913-20 mai 2005) Ce philosophe nous souhaitait une vie belle et bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes.
1. Reverdy : la valeur sans garantie
Chez Reverdy, ce n’est pas une métaphore décorative : c’est une loi d’effacement.
Le public n’amplifie pas, il absorbe. Il ne révèle pas, il dissout.
Et votre double question est très reverdyenne dans son tranchant :
– l’auteur sans succès n’a aucun signe extérieur pour croire,
– l’auteur à succès n’a aucune assurance pour durer.
👉 Donc : la valeur d’une œuvre est sans preuve.
Elle tient dans une sorte de foi sèche, sans appui.
2. Ricœur : le sujet par détour
Ici, vous faites entendre la critique de René Descartes, mais avec douceur, presque hospitalité.
Ricœur ne nie pas le sujet — il le retarde.
Il le renvoie à plus tard, après :
– les récits,
– les autres,
– les institutions,
– le temps.
👉
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