COURRIELS
Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
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R.G à P.V.
Frère Océan. Je tiens là peut-être mon déclencheur. Il me faut maintenant trouver le roman, la seule chose qui compte. Tout le reste est littérature.
P.V. à R.G
Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature
.
R.G.(21 mai 1914-2 décembre 1980) Usant d’un pseudo il sera le seul à obtenir deux fois le prix Goncourt
P.V. (30 mars 1844-8 janvier 1896) Un poète inné qui connaissait toutes les ficelles du métier.
Julio Cortazar
à Romain Gary
et à Paul Verlaine
Compañeros,
Vous parlez du roman, vous parlez du vers,
et moi je cherche la fissure.
Frère Océan, dites-vous —
mais l’océan est une mare vue par une fourmi distraite
quand elle traverse la page.
Le roman ? un jeu de marelle
où l’on saute à cloche-pied au-dessus des chapitres
jusqu’à tomber dans une case qui n’existe pas.
Le vers ? une buée sur la vitre
où quelqu’un écrit sans savoir qu’il efface.
Alors oui,
tout le reste est littérature…
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