DISPARITIONS XVI

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

AVANT LIRE

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.


DISPARITION
XVI

Jules S.

107/113

107

J’aurai rêvé ma vie à l’instar des rivières

Vivant en même temps la source et l’océan

Sans pouvoir me fixer même un mince moment

Entre le mont, la plaine et les plages dernières

.

Suis-je ici, suis-je là? Mes rives coutumières

Changent de part et d’autre et me laissent errant.

Suis-je l’eau qui s’en va, le nageur descendant

Plein de trouble pour tout ce qu’il laissa derrière ?

.

Ou serais-je plutôt sans même le savoir

Celui qui dans la nuit n’a plus que la ressource

De chercher ‘ l’océan du côté de la source

Puisqu’elle est derrière lui le meilleur de l’espoir ?

J. S. Oublieuse mémoire  1949

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