Des lignes blanches sur fond noir
Un poème sans cause
Miettes d’une madeleine
Le tombeau de Marcel
Chauffe chauffe Azzola
Le la perdu lalala
Le goéland mélancolique
C’est la goualante des pauvres gens
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Des lignes blanches sur fond noir
Un poème sans cause
Miettes d’une madeleine
Le tombeau de Marcel
Chauffe chauffe Azzola
Le la perdu lalala
Le goéland mélancolique
C’est la goualante des pauvres gens
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DES LIGNES BLANCHES SUR FOND NOIR
Des lignes blanches sur fond noir
comme des routes qui hésitent
dans la nuit d’un cahier fermé.
Un poème sans cause
sans drapeau
sans autre raison
que le bruit d’une cuillère
contre une tasse oubliée.
Miettes d’une madeleine
sur la toile cirée du dimanche —
et soudain la mémoire
ouvre ses volets de poussière.
Le tombeau de Marcel
n’est peut-être qu’une phrase
qui cherche encore
sa chambre du côté de chez nous.
Chauffe chauffe Azzola
dans le ventre de l’accordéon
où les vieux bals continuent
de tourner même sans danseurs.
Le la perdu lalala
dans la gorge des enfants
quand ils inventent une chanson
avec trois syllabes et du vent.
Le goéland mélancolique
plane au-dessus des parkings
comme un marin qui aurait perdu
jusqu’au goût du large.
Et voilà
c’est la goualante des pauvres gens
ceux qui recousent les jours
avec du fil gris
des tickets de caisse
et des refrains d’autrefois.
Un homme siffle au bord du soir.
Une femme secoue une nappe.
Le monde tient encore
dans un peu de pain
et quelques mots
mal rangés dans la poche.
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