Un petit cœur à sabots rouges
L’androgyne aux yeux de perroquet
Le soleil dans son petit panier
La mante religieuse sur son prie dieu
Les quatre vents noués aux tempes
Le frisson des ifs
Ma rue dont le nom est Bergeronnette
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Un petit cœur à sabots rouges
L’androgyne aux yeux de perroquet
Le soleil dans son petit panier
La mante religieuse sur son prie dieu
Les quatre vents noués aux tempes
Le frisson des ifs
Ma rue dont le nom est Bergeronnette
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J’aime particulièrement ce glissement entre le concret minuscule et l’inquiétante étrangeté : le panier du soleil, les sabots rouges du cœur, les vents attachés au corps.
« Le frisson des ifs » agit presque comme une suspension respiratoire au milieu du poème : après les figures et les emblèmes, soudain une vibration végétale, nue.
Et la dernière ligne nous déplace discrètement vers le monde réel :
Le nom de rue devient oiseau.
On ne sait plus si la bergeronnette chante, marche, écrit ou indique le chemin. Cela donne au texte une sortie légère, mobile, presque japonaise dans son dépouillement.
On sent aussi une parenté secrète entre ces images : chacune paraît posée seule, mais elles communiquent par couleurs, postures, déplacements :
Comme si chaque vers était une enseigne peinte dans une rue intérieure.
Le titre IMAGES SINGULIÈRES VIII convient très bien parce qu’il laisse aux visions leur autonomie sans chercher à les enfermer dans une narration.
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