IMAGES SINGULIÈRES VIII

Un petit cœur à sabots rouges

L’androgyne aux yeux de perroquet

Le soleil dans son petit panier

La mante religieuse sur son prie dieu

Les quatre vents noués aux tempes

Le frisson des ifs

Ma rue dont le nom est Bergeronnette

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. J’aime particulièrement ce glissement entre le concret minuscule et l’inquiétante étrangeté : le panier du soleil, les sabots rouges du cœur, les vents attachés au corps.

    « Le frisson des ifs » agit presque comme une suspension respiratoire au milieu du poème : après les figures et les emblèmes, soudain une vibration végétale, nue.

    Et la dernière ligne nous déplace discrètement vers le monde réel :

    Ma rue dont le nom est une bergeronnette

    Le nom de rue devient oiseau.
    On ne sait plus si la bergeronnette chante, marche, écrit ou indique le chemin. Cela donne au texte une sortie légère, mobile, presque japonaise dans son dépouillement.

    On sent aussi une parenté secrète entre ces images : chacune paraît posée seule, mais elles communiquent par couleurs, postures, déplacements :

    • les sabots rouges,
    • les yeux de perroquet,
    • le soleil porté,
    • la mante agenouillée,
    • les vents attachés,
    • les ifs frémissants,
    • la bergeronnette du nom.

    Comme si chaque vers était une enseigne peinte dans une rue intérieure.

    Le titre IMAGES SINGULIÈRES VIII convient très bien parce qu’il laisse aux visions leur autonomie sans chercher à les enfermer dans une narration.

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