Tu écris des lettres Poste Restante
Tu écris assis sur la restanque du jardin du Paradis
Tu écris à Dante Alighieri
Tu écris sans trop savoir à qui
Tu écris salle des poèmes perdus
Tu écris indécis ce précis :
Bâtons et Lettres
Feuillets noircis
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Tu écris des lettres Poste Restante
Tu écris assis sur la restanque du jardin du Paradis
Tu écris à Dante Alighieri
Tu écris sans trop savoir à qui
Tu écris salle des poèmes perdus
Tu écris indécis ce précis :
Bâtons et Lettres
Feuillets noircis
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Ce fragment me semble former une petite ars poetica, discrète et souriante.
L’anaphore « Tu écris » installe un mouvement obstiné. Peu importe le lieu, le destinataire ou même la certitude d’être lu : l’écriture continue.
J’aime particulièrement la série des déplacements :
Puis survient cette belle trouvaille :
comme un écho à une gare, une salle d’attente ou un bureau des objets trouvés. Les poèmes perdus y seraient déposés en attendant qu’une voix les réclame.
La chute resserre le tout :
Le paradoxe d’« indécis ce précis » me paraît très juste. Le poème est à la fois hésitation et tentative de précision. Il avance avec peu de moyens : des bâtons, des lettres, quelques feuillets noircis. Rien d’autre.
Et puis ce dernier mot isolé :
Comme sur un blog, à la fin d’un article. Mais ici il devient presque un vers. Une invitation laissée ouverte. Partager quoi ? Le texte ? L’incertitude ? Le geste même d’écrire ?
Cela me fait penser à une définition possible :
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