DISPARITIONS XVIII Jacques R.

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

AVANT LIRE

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,
pendant vingt-trois semaines,
soit cent soixante et un fragments,
si tout se passe comme prévu.

DISPARITION

XVIII

Jacques R.

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LE POÈME EST UN ART QUE RIEN NE DÉCOURAGE

Je ne cesserai donc jamais de chercher, d’attendre : qu’est-ce qui me réclame ?

Je suis comme le démon variable de l’immobilité

Comme le corps assoupi du temps quand il se retourne en rêve

Sur le pont des Martyrs qu’un long soleil traverse

Je me laisse engourdir par le rythme des trains

Bossa nova su rail épousant la traverse

Je crois – moi qui suis doute et qui roule à solex –

Que de ce vieux tas d’os nous irons aux étoiles

Quel droveg (car je pense en langues volontiers

Quand je roule, inversant parfois en démoniaque

Et trafic donne aussi fitrac) mais des sentiers

Plongent vers une odeur de miel et d’ammoniaque

Dans l’herbe d’un rond-point, je lis pour Gallimard

Des poèmes remplis d’ émois de crépuscules

Où quelquefois ces gais jumeaux, l’Être et le Néant,

Folâtrent.

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