DISPARITIONS
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
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Car je ne vous crains pas, fantômes, au contraire.
À mesure les ans ne m’auront dédoublé
Que pour m’alléger davantage, me distraire
Du souci d’être l’un ou l’autre. Il m’a semblé
Vous surprendre au hasard de ce long soliloque
Où je m’entends parfois causer avec l’oubli…
Mes fantômes reviennent à mesure des ans
ils me disent l’argile pétri de rêves anciens
la légèreté de l’air – le visage des humains
le souci d’être sur terre sans croire à demain
la brûlure éclatante d’un soleil de printemps
où un rayon de lune s’abreuve en riant
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