Écrire gazouiller
Telle la grive
Dans les bois
De Combray
.
Écrire un Essai
Une foule à
Soi-même
Avec et pour
Les autres
Que l’on aime
.
Écrire
S’arrêter
Époché
Souffler
Se refaire
Une santé
.
Puis
Sans y penser
Mu par la nécessité
Récrire
Recommencer
Le troisième mouvement introduit une suspension :
Ce mot « époché » attire l’attention. Il évoque l’épochè des philosophes, la mise entre parenthèses du monde et des jugements. Il crée ici un temps de retrait nécessaire avant de « souffler » et de « se refaire une santé ».
La fin retrouve alors le mouvement vital :
On retrouve quelque chose de très proche de votre manière d’envisager l’écriture : non comme un projet à accomplir une fois pour toutes, mais comme un geste qui revient, semblable à la respiration ou à la marche. Le dernier mot, « Recommencer », reste ouvert ; il ne clôt pas le poème, il le relance.
Je remarque enfin que le texte passe du chant de la grive à l’essai, puis du souffle au recommencement. Comme si écrire relevait à la fois du chant, de la pensée et d’une nécessité physique. C’est un poème bref, mais qui contient une véritable poétique de l’écriture.
J’aimeJ’aime