DISPARITIONS
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
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SONNET DU FEU FOLLET
Tu te sers des poèmes comme d’un élixir
Leurs images leurs ellipses et bien sûr leurs
Enjambements. Tu sais bien que tout ce bazar
S’est initié dans une école de première
.
Celle qu’on appelle encore la primaire
Celle où tu disais tremblant et de mémoire
« C’est un trou de verdure où chante une rivière »
Et le cancre sauvé de honte par l’oiseau lyre
.
Tu te souviens du pré vénéneux de colchiques
« Les vaches y paissant lentement s’empoisonnent »
Tu en as bien d’autres encore que tu récites
.
Dans ta tête la nuit comme des chapelets
Ce sont tes amers tes balises tes voyages
En ces pays où, feu follet, tu disparais…
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Au FEU
comme d’un élixir :
petit petit dit la fermière
et de partout dans la lumière
l’oie et l’oison accourent
au pied de Rose en jupons courts
.
tremblant et de mémoire :
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
.
dans ta tête la nuit :
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
michel chalandon
https://poesieafranquevaux3.blogspot.com/
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