Tu n’es plus. Séparé de toi dans la lumière des jours immobiles, je contemple le sismographe effondré de nos passions à nos côtés, un désastre silencieux préparait son mauvais coup.
Tu n’es plus, je te parle, nous nous tenons encore par la main. Par la douleur, émerveillé, je revois les mises en scène de notre amour et, de nos départs, la violente impatience … Silhouette penchée dans un marché d’Afrique, promeneuse insouciante du parc anglais désert, byzantine dorée, tes poses photographiées rythmaient ma traversée du monde. Je te vois. Nous nous tenons encore par la main.
Au port de ta hanche, ta fille.
Tes parures s’accordent à l’inclination des heures. Tu n’as plus besoin d’être là, pour être : à tes rendez-vous soudains, je te parle, je raconte que tu vis en moi. Je t’écris. Aujourd’hui, tu déchiffres seule l’inconnu de nos songes, et je me vois descendre la passerelle vide des privations de toi.
Jean-Pierre Dartigues Le Journal des Poètes Vient de paraître 2/ 2026