ÉCRIRE VIVRE courriels 102

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ÉCRIRE VIVRE EN RÉGIME DE DURÉE

J.B. à M.

En définitive à quoi écrire sert-il, sinon à vivre? Toutes les pénibles élucubrations sur «écrire et vivre» écrire comme renoncement à la vie sur «la chambre aux murs de liège» avec attendrissement. «Il na pas vécu le pauvre» ne sont que pitoyables défenses denvieux, de toute façon sans importance. Mais ici, la chose est dite. Cest elle quil faut comprendre et suivre.

M. à J.B.

Et quand personne ne me lira, ai-je perdu mon temps de m’être entretenu tant d’heures oisives à pensées si utiles et agréables ? Je n’ai pas plus fait mon livre que mon livre m’a fait, livre consubstantiel à son auteur, d’une occupation propre, membre de ma vie ; non d’une occupation en fin tierce et étrangère comme tous autres livres. Car ceux qui se repassent par fantaisie seulement et par langue quelque heure, ne s’examinent pas si attentivement, ni ne se pénètrent, comme celui qui fait son étude, son ouvrage et son métier, qui s’engage à un registre de durée, de toute sa foi, de toute sa force. 

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J.R. (25 mai 1936-3 septembre 2014) Traductrice majeure de La Divine Comédie de Dante, essayiste La Délie de Maurice Scève, poète Les instants les éclairs

M.(28 février 1533-13 septembre 1592) Il aimait écrire sur soi-même divers et varié, à sauts et à gambades.

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