DISPARITIONS
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
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ARRÊTEZ-VOUS NE LISEZ PAS SI VITE
POURQUOI LISEZ-VOUS SI VITE
PRENEZ LE TEMPS DE LIRE
Ô douleurs de l’amour dont je ne connais que les vêtements
et aussi les yeux la voix le visage les mains les cheveux les dents les yeux balances sentimentales
dans la nuit il y a toi et les bruits matériels
de la mer des fleuves des forêts des villes des herbes des poumons
à l’instant où la mer silencieuse et bruyante se replie sur ses oreillers blancs tristes
comme sept heures du soir dans les champignonnières
moi qui ne suis ni Ronsard ni Baudelaire
moi qui suis Jacques Roubaud et qui pour t’avoir connue et aimée n’en pense pas moins
et ne veux pas attacher d’autre réputation à ma mémoire sur cette terre équivoque
ô douleurs de l’amour dont je ne connais que les vêtements
et aussi les yeux la voix le visage les mains les cheveux les dents les yeux
la voix le visage les mains la mer le fleuve la forêt la ville l’herbe et les poumons