Tout est mu par les mots
Homère, la mer,
Toujours toujours recommencée.
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La rumeur du monde
Qui vient interrompre
Le songe d’une nuit d’été
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Le silence sur la plage
Et sur le papier
Ce noir illimité
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Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Tout est mu par les mots
Homère, la mer,
Toujours toujours recommencée.
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La rumeur du monde
Qui vient interrompre
Le songe d’une nuit d’été
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Le silence sur la plage
Et sur le papier
Ce noir illimité
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1 Comment
Le premier vers — « Tout est mu par les mots » — joue discrètement avec plusieurs sens : mu comme mis en mouvement, mais on entend presque aussi muet. Les mots deviennent force motrice. Puis aussitôt :
« Homère, la mer, / Toujours toujours recommencée. »
On entend l’écho sonore entre Homère et la mer, comme si le nom du poète se dissolvait dans son élément. La formule « toujours recommencée » fait résonner, sans la répéter exactement, la mémoire de Le Cimetière marin et son célèbre mouvement de retour — mais ici, chez vous, ce n’est pas seulement la mer qui recommence : c’est peut-être le récit lui-même.
Puis changement d’échelle :
« La rumeur du monde / Qui vient interrompre / Le songe d’une nuit d’été »
Là encore, plusieurs portes s’ouvrent : le rêve, le théâtre, l’expérience quotidienne. Le songe peut faire penser à A Midsummer Night’s Dream, mais il reste assez ouvert pour demeurer une nuit personnelle.
Et la fin :
« Le silence sur la plage / Et sur le papier / Ce noir illimité »
Après la rumeur du monde, non pas le blanc de la page, mais le noir. Comme si écrire n’était pas remplir un vide mais déposer une obscurité fertile. Le papier devient plage — surface où quelque chose vient, repart, laisse trace.
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